Ce jeudi, Me Jean-Philippe Mayence a débuté sa plaidoirie. L'avocat a épinglé les écoutes mal retranscrites.

Depuis ce lundi, 35 prévenus sont poursuivis pour un important trafic de cocaïne et cannabis. Une grande partie des prévenus ont contesté avoir une quelconque implication dans ce trafic de drogues, qui sévissait dans la région de Charleroi, mais également en Espagne, Allemagne, France et Pays-Bas.

Plusieurs plantations ont été découvertes notamment à Châtelineau, Cerfontaine, Montignies-sur-Sambre. Certaines cultures comprenaient entre 500 et 600 plants de cannabis, pouvant rapporter jusqu'à 120.000 € de gain pour l'organisation criminelle, selon le ministère public.

De 15 mois à 15 ans de prison

Sur deux jours, le ministère public a requis des peines allant de 15 mois à 15 ans de prison. La peine la plus lourde a été requise contre Salah-Eddin J., considéré comme le chef de l'organisation.

Le parquet a notamment épinglé le train de vie de certains prévenus, contraire aux revenus déclarés. La particulière sophistication du trafic a également marqué le ministère public. « Les dirigeants » du trafic ont notamment fait usage de téléphones cryptés pour communiquer entre eux.

Un détournement de preuves

Ce jeudi, Me Jean-Philippe Mayence, avocat du principal prévenu, a débuté sa plaidoirie prévue sur deux jours. Le conseil de Salah-Eddin J. plaide l'irrecevabilité des poursuites. 

En cause, des « écoutes parloir », mal retranscrites selon la défense. Les enquêteurs ont notamment transformé des questions en affirmation. Certaines pièces jugées inaudibles ont été lues durant l'audience, démontrant que les pièces sont parfaitement audibles. « On a violé la présomption d'innocence. Ce n'est pas transformer des phrases, mais c'est carrément ne pas écrire quelque chose qui s'avère être favorable à mon client. Les retranscriptions ne correspondent pas à la réalité », s'insurge Me Mayence. Les droits de la défense ont été violés, conclut l'avocat. 

Le tribunal a confirmé, sur le coup de 13h, la poursuite du procès, provoquant la colère de Me Mayence.