Le ministère public a requis de lourdes peines à l’encontre de 9 des 35 prévenus, poursuivis pour un vaste trafic de drogues.

Ce mardi, le deuxième jour du procès de 35 prévenus, poursuivis pour trafic de drogues et organisation criminelle, a permis au ministère public de requérir les premières peines à l’encontre des plus gros prévenus, considéré comme les dirigeants du trafic. Pour rappel, entre 2015 et 2018, les personnes se trouvant sur le banc des prévenus sont suspectées d’avoir contribué, de près ou de loin, à un trafic de cocaïne et de cannabis particulièrement bien organisé, dans la région de Charleroi mais également en Espagne, France, Allemagne et Pays-Bas.

Ce lundi, une grande partie des prévenus ont contesté avoir une quelconque implication dans l’organisation criminelle. Une minorité d’entre eux reconnaissent avoir été chargés de surveiller les plantations de cannabis implantés dans la région ou d’avoir vendu des petites quantités de cocaïne et cannabis.

Un système de communication crypté

Si l’on retrouve les moyens de communication les plus classiques dans ce genre de dossier avec les surnoms, le changement fréquent de portables et de cartes SIM, l’organisation criminelle s’est montrée particulièrement sophistiquée. Lors de la longue enquête, 9 téléphones BlackBerry ont été découverts. À l’intérieur, un logiciel qui permet de rendre le téléphone "blackphone" : le PGP. "Il s’agit d’un logiciel installé qui permet de crypter les conversations se trouvant dans le mobile. Via ce programme, il est également possible d’effacer toutes discussions à distance", détaille le ministère public.

Pour utiliser ce genre d’appareils, il faut notamment sortir les gros billets. Les téléphones s’achètent sur Rotterdam ou Anvers à des prix exorbitants : "Il faut compter 1 500 € pour l’appareil et 600 €/mois pour l’abonnement du logiciel."

Des tendances mafieuses

Selon le parquet, l’organisation possède des facettes dignes de la mafia. Des pressions et des intimidations auraient été effectuées sur certains prévenus, afin de les faire taire. Le train de vie de certains prévenus, dont Salah-Eddin J., laisse également peu de doute. "C’est un homme qui ne gagne quasiment rien. Pourtant, il possède plusieurs logements au Maroc." De même pour Sofian M., qui s’est offert des voyages aux Bahamas et en Thaïlande. Dans le véhicule d’Ismaïl B., 31 000 € en cash ont été découverts. "Lui aussi se balade avec une somme anormalement élevée".

Une peine de 15 ans de prison ferme a été requise pour Salah-Eddin J. Des peines de 3 ans à 10 ans de prison ont été sollicitées contre huit autres prévenus. Ce mercredi, le ministère public terminera son réquisitoire. La défense commencera ses premières plaidoiries.