Quentin semble indécrottable: il a déjà quatre antécédents judiciaires pour vols, et les derniers faits qu'on lui reproche sont arrivés... moins de deux semaines après son dernier jugement en date, qui lui accordait un sursis.

Son problème, c'est la drogue. Ce Carolo n'a que 24 ans, il a l'air propre sur lui, calme et un air intelligent, mais il est totalement accro à l'héroïne. Et pour se payer ses fix... il vole. Il a d'ailleurs perdu tout le reste: pas de domicile connu, pas de famille en vue, et s'il fait à chaque fois preuve de bonne volonté devant les juges qui se sont succédé ces dernières années, dès qu'il sort, il replonge.

Cette fois, c'est un vol de tronçonneuse qu'on lui reproche. Il s'est introduit dans un jardin, à Dampremy, a fracturé la porte de l'abri et a essayé de voler une tronçonneuse à un habitant. Mais il a été vu, et a tenté de s'enfuir en laissant tomber son maigre butin, avant d'être attrapé par la police. 

Devant le tribunal correctionnel de Charleroi, il n'a pas été très bavard : "Votre casier judiciaire commence à être fort long, monsieur", s'est inquiétée la juge Jamar. "Le cinq mai vous êtes condamné, quinze jours après vous recommencez? Qu'est-ce qu'il faut faire, alors? On vous donne une chance de vous en sortir, puis une autre, et à chaque fois vous recommencez..."

Deux ans de prison ferme sont requis par le ministère public, semble-t-il un peu par dépit. Pour qu'il arrête de nuire à la société. Son avocat, Me Ureel, tente tout de même le tout pour le tout : "précarité, démission... une jeunesse impossible qui l'empêche de trouver un équilibre à l'âge adulte. Pourtant, tout le monde vous le dira à la prison, il est gentil et respectueux. Quand il est sevré, il fait preuve de bonne volonté, il est intelligent, mais dès qu'il sort, sans prise en charge, il replonge. Les vols qu'on lui reproche ne sont pas contestés, mais il ne met pas non plus des couteaux sous la gorge de personnes âgées, il n'a pas de rage, il n'est pas révolté... il est perdu." 

Il demande un nouveau, un dernier, sursis probatoire. Cette fois, pour le placer dans un centre fermé, avec six mois de sevrage intensif, puis six mois avec des contacts extérieurs, et enfin six mois de semi-liberté avec un suivi régulier. Quentin opine de la tête: "je vais essayer, je vous le promets."

"Je vais y réfléchir... mais j'ai l'impression que vous faites des belles promesses aux juges, on vous croit, on vous relâche, et vous ne faites rien... le jugement sera rendu le vendredi 24 juillet", dit la juge, concluant l'audience.