Charleroi

Pour le père violent, et fier de l'être, l’autorité du père ne doit jamais être remise en question.


Rachid a une vision un peu singulière du rôle de père. Cet habitant de Charleroi, originaire de Tchétchénie, entend bien éduquer ses enfants à la mode du Caucase comme il dit. Pour lui, il n’est pas anormal de frapper ses enfants si c’est dans un but éducatif. Sauf que les lois belges ne disent pas tout à fait la même chose et Rachid l’a appris à ses dépens. Actuellement en détention préventive, il comparaissait ce lundi devant le tribunal pour avoir volontairement porté des coups et causé des blessures à ses enfants et à son épouse. À ses côtés, Sultan son oncle, est, lui, entendu pour non-assistance à personnes en danger et port d’armes illicites.

À la barre, Rachid reconnaît les faits, il les revendique même. Pour lui "l’autorité d’un père ne doit jamais être remise en question. Il a le droit d’utiliser la violence pour éduquer ses fils et en faire des hommes. C’est comme ça que ça se passe dans le Caucase."

Les faits n’ont pourtant rien d’anodin : le 27 février 2016, alors qu’il passe la soirée à boire avec Sultan, il décide d’aller donner une correction à sa femme. En effet, il a, depuis longtemps, des doutes quant à sa fidélité et pense que son petit dernier, âgé de 13 mois n’est pas de lui. Arrivé chez lui, il frappe sa femme au visage puis la roue de coups de pied sur le tout le corps. Il se saisit de son plus jeune fils et le suspend dans le vide de la cage d’escalier. Il en profite pour "éduquer" ses 3 autres enfants en les violentant également. Le tout devant Sultan qui reste inactif. Ce dernier cautionne le comportement de son neveu et l’avait même prévenu que "s’il voulait tuer sa femme ou ses enfants, ce n’était pas son problème".

Devant de tels faits, qui durent sûrement depuis longtemps et qui auraient pu avoir des conséquences bien plus graves, le parquet a requis une peine de deux ans pour Rachid et d’un an pour Sultan. Les avocats des deux prévenus ont chacun plaidé pour des mesures de faveurs. Du sursis simple pour le premier et la suspension du prononcé pour le second.

Jugement le 11 mars.