Charleroi Les inspecteurs de la SPA et de la police n'ont eu d'autre choix que de saisir les chiens.

C'est un dossier qu'a pris en main personnellement le directeur de la SPA de Charleroi, il illustre la détresse humaine au-delà du bien-être animal. Au départ, une plainte pour des conditions de détention de plusieurs chiens dans une maison. Le service inspection de la société protectrice des animaux est descendu sur place sans savoir à quoi s'attendre.

Le directeur, Franck Goffaux, reste interpellé par ce cas extrême comme il le décrit : "Quand on a voulu rentrer, on est tombé sur une dame qui n'était pas très conciliante et qui menaçait de mettre fin à ces jours. Nous avons demandé un appui de la police. Plusieurs équipes sont arrivées en soutien. Nous n'avons jamais pu pénétrer à l'intérieur de l'habitation. L'habitante, passablement énervée de la situation a jeté un objet dans sa porte vitrée la brisant de fait nous permettant de constater l'étendue des dégâts ainsi que les conditions précaires de détentions des chiens. Après plusieurs heures de négociations, nous avons réussi à récupérer l'entièreté des chiens."
Les 39 chiens vivaient les uns sur les autres."

Si les animaux sont maintenant en sécurité au refuge pour animaux, le directeur est consterné de découvrir une telle détresse sociale qui a mené la propriétaire à se cloîtrer avec ses animaux: "cette dame semblait ne plus avoir de contacts avec qui que ce soit depuis bien longtemps. Elle n'avait plus que ces chiens qui forcément se sont accouplés les uns aux autres pour que quelques chiens deviennent des dizaines. C'est une tristesse humaine en même temps qu'une colère animalière. Pour nous, il est scandaleux de tomber dans des dossiers pareils."
Au vu de la situation et des réticences de la propriétaire à confier ses chiens de manière volontaire, le directeur et la police descendue sur place n'ont pu que contacter le docteur vétérinaire du SPW qui a ordonné une saisie immédiate. "Nous aurions préféré  un abandon volontaire de la dame ce qui aurait eu comme conséquence que les chiens nous auraient appartenu. De cette manière nous aurions pu les mettre à l'adoption très vite. Malheureusement, nous sommes tributaires de l'enquête. Nous allons donc avoir tous ces chiens chez nous pendant plusieurs semaines. Ce n'est jamais agréable dans le sens où ces chiens vont occuper de très nombreuses cages ce qui est problématique pour notre quotidien."

Les chiens sont des croisés griffon avec d'autres races. Ils sont âgés de 1 à 3 ans.
Le directeur se félicite des bonnes conditions de gestion de l'intervention mais regrette la détresse humaine derrière.
Maintenant la police de quartier va poursuivre les investigations afin de se pencher sur le cas de la dame en difficulté.