Le milieu de la bande dessinée a toujours été productif et a révélé bon nombre de grands auteurs. L’un d’eux a connu l’âge d’or de cette littérature. Il s’agit de Raoul Cauvin, le papa de Cédric, des Tuniques bleues, de lL’Agent 212 et de nombreux autres personnages qui, encore aujourd’hui, sont appréciés du grand public.

Une monographie lui étant consacrée vient de paraître aux éditions Dupuis, sous la plume de Patrick Gaumer. Le lecteur passe en revue les grands moments de la carrière et de la vie de Raoul Cauvin à travers des textes, des photos, des couvertures de magazines et des planches de bande dessinée.

Lorsque Patrick Gaumer lui a présenté le projet, l’auteur n’a pourtant pas voulu y contribuer. "Je ne voyais pas qui serait intéressé par un tel livre, surtout qu’il en existe d’autres. Il m’a alors simplement demandé de lui prêter ce que j’avais sur mes travaux. Je lui ai donné une boîte avec des documents", raconte Cauvin.

Et lorsqu’il a eu le résultat final en main, il a regretté de ne pas y avoir cru. "Ce livre m’a ému car j’ai retrouvé des souvenirs. J’ai redécouvert des films que j’ai faits au sein du studio TVA. Patrick Gaumer donne la parole aux auteurs qui ont travaillé avec moi. Laudec a même présenté une planche originale."

Au cas où certains en douteraient encore, le lecteur se rend compte de la richesse de la carrière du scénariste hennuyer en parcourant les 415 pages de la monographie. S’il a connu l’âge d’or de la BD, il est conscient d’avoir été aidé au début de sa carrière. "J’ai eu cette chance. Aujourd’hui, les jeunes artistes vendent moins d’albums car il y a surproduction. J’ai aussi connu des échecs avec mes derniers projets auxquels je croyais dur comme fer. Mais j’ai aussi la chance d’avoir des séries bien installées."

Celui qui reste constamment à l’affût de ce qui l’entoure pour y piocher des idées de gags a tout de même un petit reproche à faire au livre de Patrick Gaumer. "Les personnes interrogées sont très gentilles avec moi. Mais l’auteur aurait dû laisser une quinzaine de lignes à ma femme. Elle n’aurait pas été dans le même sens", termine-t-il en souriant.