Les équipes de Médecine pour le peuple se sont mobilisées une nouvelle fois ce jeudi 6 janvier 2022 pour dénoncer la situation qu’ils estiment catastrophique en tant qu’acteur de première ligne. Par cette mobilisation, le personnel soignant demande plus de soutien. Sont aussi pointés du doigt, "des directives insensées et contradictoires, une explosion des demandes, un manque de place dans les centres de test, un tracing aux abonnés absents, une pénurie de médecins généralistes mais aussi la hausse des cas du variant Omicron."

À Marcinelle, ils étaient donc une dizaine à répondre présents pour la troisième semaine consécutive afin de manifester leur mécontentement face aux décisions adoptées lors des différents Codeco.

La cinquième vague qui se profile n’est pas là pour rassurer. "Il y a 3 semaines, nous tirions déjà la sonnette d’alarme sur nos conditions de travail, en tant que soignant, de notre épuisement et du manque de considération évident des décideurs politiques sur la situation de la 1re ligne de soins qui, je le rappelle, est censée être la digue nous protégeant des vagues épidémiques", explique le Dr Lorenz Lefèvre, médecin à Médecine pour le peuple à Marcinelle.

La médecine générale et le reste de la première ligne jouent le rôle de tampon dans chacune des crises. Les patients qui doivent se faire tester, se mettre en quarantaine car ils ont été en contact avec un cas positif, les parents qui ont reçu l’information que la classe de leur enfant est fermée, tous appellent en premier lieu leur médecin traitant. "Au pic de la 4e vague, nous pouvions avoir des journées avec 200 appels. Ce sont autant de patients que nous devons informer, soigner et rassurer. La tâche est immense et ça fait près de deux ans que ça dure sans que l’on ait aucun soutien ni aide des différents gouvernements."

Ce jeudi midi, les médecins et le personnel de la maison médicale ont une nouvelle fois arrêté le travail. Ils ne veulent plus accepter cette situation et demandent des mesures fortes en soutien à la première ligne. "Il faut impérativement un renforcement des centres de testing et des moyens pour un contact tracing efficace. À côté de ça, on voit que la pénurie de médecins généralistes empêche l’accès à des soins de santé de première ligne pour de nombreux citoyens. Nous devons impérativement revenir sur la politique du numerus clausus et dans l’urgence. Des mesures claires et fortes doivent être prises."

"L’OMS est très claire sur le variant Omicron : ‘les vaccins seuls ne permettront à aucun pays de sortir de cette crise. Les pays doivent empêcher la propagation d’Omicron par des mesures qui ont aujourd’hui fait leurs preuves’, à savoir le testing, le tracing et le renforcement de la 1re ligne de soins", poursuit le Dr Lefèvre.

"Or, lors de la dernière conférence interministérielle de la Santé, les ministres sont complètement revenus sur cette stratégie en supprimant les tests pour les asymptomatiques. On ne suit plus du tout leur raisonnement et il y a un manque cruel de vision à long terme."