Charleroi

À peine deux ans après l’annonce de la fermeture de l’usine, la reprise pour des véhicules chinois n’a jamais été aussi proche

C’est une excellente nouvelle pour Charleroi et pour toute la région wallonne : un deal avec Thunder Power pour la reprise du site de Caterpillar, à Gosselies, n’a jamais été aussi proche. Hier, la Sogepa a validé les derniers détails de l’offre qu’elle enverra au constructeur automobile chinois. Et il n’y a aucune raison qu’il refuse puisque tout ce qui a été négocié durant ces derniers mois s’y trouve.

Concrètement, les deux tiers du site au nord de Charleroi serviront à assembler 30.000 voitures “Chloé”, la petite citadine électrique d’entrée de gamme, qui seront vendues partout en Europe. À terme, trois modèles seront construits sur place : la citadine, un SUV et une berline plus luxueuse.

Pour faire sortir la première voiture des lignes d’assemblage, d’ici à 2020, Thunder Power devrait recruter 350 personnes au début. Un nombre qui montera à 600 à l’horizon 2023, pour – si tout se passe bien – culminer à quasiment 4.000 emplois une fois l’activité bien rôdée.

“C’est la preuve que Charleroi, que la Wallonie peut attirer” , se réjouit Thomas Dermine. Il est le responsable de la cellule Catch, mise en place pour dynamiser l’emploi dans le Pays Noir après l’annonce de la fermeture de Caterpillar et la mise à pied des 2.000 travailleurs employés par le géant américain. “La nouvelle est assez incroyable, remarquable même. On critique souvent les pouvoirs publics, mais ici il faut souligner l’efficacité : la négociation avec Caterpillar directement après l’annonce de la fermeture pour récupérer le site, le confier à Igretec pendant que le Catch et l’Awex partent en quête de repreneurs, et une fois Thunder Power intéressé, les négociations de la Sogepa pour un accord final… Tout ça en deux ans à peine, alors que le dernier travailleur de Caterpillar a quitté le site il y a moins de six mois. On est soulagés, heureux même : on a bossé comme des fous, fait des nuits blanches, dépensé une énergie folle pour que le dossier ne pourrisse pas.”

Tout n’est pas encore gagné, mais le deal final devrait être signé avant la fin octobre. Et les négociations n’auront pas été faciles… Cet été, les autorités wallonnes se sont trouvées face à un choix cornélien : investir 50 millions d’euros dans le projet, mais en passant par un paradis fiscal, ou tout simplement abandonner. C’est la première solution qui a été retenue, en échange de solides garanties de la part des Chinois, notamment que tous les revenus de la filiale belge soient taxés en Belgique.