Charleroi En prison il en profite pour apprendre les ficelles du métier.

Certains se souviendront peut-être du nom de Jean-Claude Deffet. Ce gentil grand-père originaire de Châtelet n’a pourtant pas toujours eu la vie rangée qu’il mène actuellement. Durant les années 70, il a défrayé la chronique avec une série de braquages menés dans la région de Charleroi.

Né en 1947 à Châtelet, Jean-Claude passe son enfance entouré d’armes à feu, vestiges de la guerre qui vient de s’achever. Il voue une vraie passion pour les fusils de tout genre. C’est donc tout naturellement qu’il va se mettre à fréquenter le milieu du banditisme.

Il pratique d’abord en amateur avec un premier braquage d’un petit bureau de chômage qui lui vaudra un séjour de 3 ans en prison. Incarcéré, il ne perd pas son temps. Il va profiter de la présence de vrais truands à ses côtés pour apprendre toutes les ficelles du métier. À sa sortie, il se professionnalise et prépare des coups de plus en plus ambitieux. Jusqu’en 1972, où il prévoit de dérober 3 millions de francs dans une banque.

Cependant, trahi par son complice, il sera arrêté avant. Mais Jean-Claude n’accepte pas l’idée de retourner en prison, il faut dire qu’à cette époque les conditions de détention sont particulièrement rudes.

Il décide alors de s’échapper avant que son procès n’ait lieu. S’ensuit alors une cavale de plusieurs mois durant laquelle les 100 gendarmes mobilisés de Charleroi auront ordre de tirer à vue s’ils en ont l’occasion. Il finit par se rendre et purge une peine de 5 ans. Peu de temps après sa sortie de prison, il rencontre sa future épouse qui le pousse à arrêter ses activités illégales. Ils partent vivre ensemble en Flandre pendant 20 ans avant de revenir à Châtelet au début des années 2000.

Revenu au pays, ses vieux démons le rattrapent et il se retrouve mêlé une ultime fois à un trafic d’armes à feu, son péché mignon. Aujourd’hui définitivement rangé, Jean-Claude Deffet parle sans tabou de son passé de truand. Il a d’ailleurs collaboré pendant 4 mois avec nos confrères de la RTBF à l’élaboration d’un épisode de Devoir d’enquête qui sera diffusé ce mercredi soir.

Le parcours de Jean-Claude fait réfléchir sur l’utilité et l’efficacité des peines carcérales. Son avocat, Étienne Gras, explique à ce propos dans le reportage, que la prison, si elle en dégoûte certains, en encourage d’autres à continuer.