Charleroi Devant le tribunal, Nicole et Julien plaident des dépenses justifiées et la prescription.


Nicole et Julien forment un sympathique couple de pensionnés. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Claudette, leur voisine. À la mort de son mari, en 2009, elle laisse le soin à Nicole de s’occuper de ses comptes bancaires. Son mari s’étant toujours occupé de la comptabilité, elle se retrouvait un peu perdue à 70 ans.

Pour plus de facilité, Claudette donne procuration sur ses comptes au couple. Pendant de nombreuses années, Nicole va s’occuper des factures pendant que Julien effectue de menus "bricolages" dans la maison. Leur voisine les remercie en les laissant s’acheter de temps à autre une bricole. La confiance est telle, que la veuve confie à ses voisins une boîte à bijoux.

Cet échange de bons procédés dure jusqu’en 2012, année où le couple décide de déménager. Claudette réclame alors ses bijoux mais on lui répond qu’ils ont disparu. Probablement volés sans que personne ne s’en rende compte. L’ambiance devient délétère entre les anciens voisins et Claudette fait alors appel à un administrateur de biens pour remplacer Nicole. En remettant de l’ordre dans les comptes de sa cliente, Me Collard remarque vite plusieurs anomalies. Durant les quelques années qui ont précédé, les comptes ont été vidés. Pour la septuagénaire, c’est sûr, ce sont ses anciens voisins qui ont abusé d’elle.

Aujourd’hui, l’affaire se retrouve devant le tribunal de Charleroi. Le couple est inculpé pour détournement, fraude informatique et abus de faiblesse. Incompréhensible pour Nicole qui dit "avoir utilisé l’argent de Claudette à des fins personnelles mais uniquement avec l’accord de cette dernière. Quand on faisait les courses, elle me disait : ‘Fais-toi plaisir, tu fais assez pour moi, tu le mérites’. Je n’ai pas eu l’impression d’exagérer."

Pour l’avocat de Claudette, ça ne tient pas. Il estime le dommage à 100 000 €. Une somme que Nicole n’aurait pu dépenser en s’accordant des cadeaux de temps en temps.

Me Frédéric Ureel, qui défend le couple, plaide pour un acquittement. Selon lui, la plupart des dépenses sont justifiées et, de surcroît, il y a prescription.

Claudette, aujourd’hui en maison de retraire, attend le jugement du tribunal qui aura lieu le 14 mars.