Charleroi a offert des réductions de 50 % aux membres de son personnel

CHARLEROI Les Carolos adorent la fête. Ils sont du genre à rire de tout, y compris d’eux-mêmes quand c’est bien raconté et que c’est drôle. Mais il ne faut quand même pas les prendre pour des canards sauvages. Alors que les soirées de gala qui ouvrent le festival urbain Rire sur la ville brassent les spectateurs au palais des Beaux-Arts (ce mardi et ce mercredi), que ces soirées réservent le meilleur de l’humour (c’est ce que dit la promotion), l’observateur en vient à redouter le pire : qu’elles plombent les finances communales et qu’elles restent sans lendemain.

Dans le projet présenté à la ville par Thierry Van Cauberg (alias François Pirette) et sa société de production Filgoud, Rire sur la ville s’articulait sur deux temps forts. Deux spectacles en novembre pour lancer le festival, une sorte de tremplin médiatique. Et un feu d’artifice de scènes lors du 3e week-end de juin, avec des grands noms du divertissement, de jeunes pousses et un tas de surprises.

Il y avait toutefois une condition pour que les choses se déroulent de cette manière : que les shows d’ouverture soient couronnés de succès contrairement à l’échec de 2011 au Spiroudome. Cette clause restrictive faisait partie intégrante de la convention passée entre Filgoud, la ville et RTL-TVI en charge de la promotion.

Elle était assortie d’un double engagement financier de la commune : l’octroi d’un subside de 30.000 € d’une part, à la hauteur d’une aide de la Communauté française (ce qui est le moindre des gestes pour un tel projet) mais aussi une garantie supplémentaire de 100.000 € d’autre part, afin de couvrir des pertes éventuelles. C’est ce second engagement qui suscite l’inquiétude.

Dans le plan financier dont nous avons pu prendre connaissance, les deux soirées de gala représentent un budget de 270.000 €, dont 80.000 de frais de production. Si cette estimation de coût parait réaliste, celle des recettes l’est moins : le plan mise en effet sur une rentrée de 140.000 € pour les ventes de places, à plein tarif et sur base d’une occupation à 100 % des fauteuils. Or, on sera bien en dessous. Charleroi a offert des réductions de 50 % aux membres de son personnel, et l’intercommunale Igretec a du venir à la rescousse en proposant aux entreprises de la zone de réserver des places voici juste quelques jours.

Au bout du compte, l’opération pourrait coûter cher aux Carolos. Une réunion d’évaluation est prévue la semaine prochaine, dit l’administrateur délégué de la RCA, Cyprien Devilers (MR). On sera alors fixé sur le scénario. Entre le meilleur et le pire.



© La Dernière Heure 2012