Cyprien Devilers insiste sur le caractère mesuré du risque

CHARLEROI L’évocation du seul nom de Charleroi inspire si souvent des sourires entendus que ses habitants ne peuvent être que satisfaits que la ville accueille un grand festival du rire. C’est le concept du projet de festival Rire sur la ville organisé l’an dernier pour la première fois par le groupe RTL et la société Filgoud, proche de l’humoriste François Pirette.

Hélas, le succès n’a pas été au rendez-vous : les soirées de gala qui ont été données au Spiroudome en novembre 2011 n’ont jamais connu de suite. L’objectif, c’était d’en faire une préparation à un événement de portée nationale, avec des spectacles d’humour en plein air dans la ville.

Le projet de festival est tombé à l’eau. Quand François Pirette a relancé Charleroi pour une nouvelle expérience, le collège communal s’est montré intéressé. Il a chargé la régie communale autonome (RCA) de prendre les commandes de l’événement, toujours avec les mêmes partenaires privés (Filgoud apportant son carnet d’adresses et son savoir faire, RTL sa puissance de communication) mais cette fois sous la garantie d’un financement plafonné à 100.000 €. Et c’est là que les avis divergent.

D’abord, il y a un contexte budgétaire peu favorable qui impose partout des économies de dépense. Dans de telles conditions, signer une sorte de chèque en blanc n’est pas forcément bien vu, même avec l’appui d’une puissante campagne de promotion assurée par le groupe RTL. Ensuite, se posent aussi les questions de l’opportunité.

Ne pouvait-on pas prendre ce risque pour soutenir autre chose, comme un événement culturel participatif ? C’est ce qu’observe l’écologiste Luc Parmentier, qui siège au conseil d’administration de la RCA unanime derrière le collège.

Administrateur délégué de la RCA, Cyprien Devilers insiste sur le caractère mesuré du risque : le seuil de 100.000 € est un maximum qui ne sera jamais atteint puisque les recettes d’entrées, les produits de subsides et de sponsoring viendront en déduction. Aucune inquiétude donc selon lui. Renseignements pris sur l’état des réservations, il se confirme que Rire sur laville se vend mal. À deux mois des spectacles de gala pour lesquels deux soirées ont été réservées au palais des Beaux-Arts, moins de cent places ont été retenues. Il faut dire que les prix oscillent dans une fourchette de 38 à 58 €. Tout le monde n’a pas les moyens de rigoler à ce tarif.



© La Dernière Heure 2012