"Un cow-boy de la route". Voilà comment la substitute Dutrifoy considère Martin. Cette dernière n’apprécie guère le comportement du père de famille, âgé de 29 ans. Le casier judiciaire de Martin ne donne pas tort à la substitute du procureur. Ce dernier comptabilise déjà 5 condamnations de roulage…

Récemment encore, Martin a écopé d’une lourde peine de 3 ans de prison ferme pour une entrave méchante à la circulation, prévention correctionnalisée qui est considérée comme un crime. Jugé par défaut, Martin a été cueilli un vendredi soir, chez lui, par des policiers qui l’ont emmené à la prison puisque son arrestation immédiate a été ordonnée.

Pourtant, Martin avait parfaitement connaissance de cette procédure judiciaire. À la première audience, il avait sollicité la remise pour lui permettre d’être défendu par un avocat. Martin était encore absent pour cause de Covid-19 lors de la seconde audience… Ensuite, le tribunal correctionnel de Charleroi n’a plus jamais revu Martin avant ce lundi 8 mars, pour examiner l’opposition qu’il a formée.

Le 13 juillet 2019, la police locale de Charleroi a souhaité contrôler le véhicule de Martin sur la chaussée de Châtelet à Gilly. Les feux bleus ont été actionnés, mais le conducteur n’a pas obtempéré. Pire, il a appuyé sur le champignon pour semer les policiers. Martin, sous permis provisoire, emprunte des ronds-points à contresens, brûle un feu rouge, double des véhicules par la droite et roule à une vitesse évaluée à 180 km/h sur une route toute proche de l'agglomération. "Les policiers étaient à 150 km/h et le fuyard les distançait encore", explique la substitute Dutrifoy.

Finalement, Martin a été interpellé et auditionné. Ce dernier a, à l’époque, indiqué "qu’il a distancé les policiers en pensant qu’ils n’allaient plus le suivre". Mais ce lundi, Martin fait encore mieux en affirmant avoir agi de la sorte à cause… d’une envie pressante. "Je devais absolument aller à la toilette, car j’avais des douleurs suite à des soucis à l’estomac. J’ai même été opéré en 2015. Je n’ai même pas remarqué qu’il y avait la police derrière moi", explique-t-il, ému aux larmes et jurant de ne plus jamais recommencer.

Cette version fait sourire le ministère public et le tribunal correctionnel. Personne ne croit une seule seconde à cette histoire. "Aujourd’hui, on évoque des soucis de santé alors qu’au moment de l’audition, il n’a jamais parlé de ça." Et quelques mois avant les faits, Martin s’était déjà fait remarquer en brûlant un feu rouge à Châtelet. La confirmation de la peine prononcée est requise contre Martin, avec un sursis probatoire. Jugement dans deux semaines.