Un coma artificiel, et puis c'est fini. C'est terminé. Mario Ricciolini était arrivé au bout du chemin. Le bout du chemin c'était l'hôpital de Jolimont où il avait été admis le 17 juillet dernier. Admis pour faire un sort à cette satanée chose mortelle et invisible qu'on appelle coronavirus. On l'avait trouvé inconscient chez lui avant d'appeler l'ambulance. Placé sous coma artificiel dans l'espoir de le garder en vie. Mis sous respirateur. Ça n'aura pas suffi. On dira qu'il a succombé à une insuffisance respiratoire. Soignée dans le même bâtiment pour les mêmes raisons, Val, sa compagne, est sortie d'affaire, elle va mieux.

Entré dans le métier dans les années soixante, ce qui faisait de lui l'une des plus anciennes gloires de la vie commerçante anderlusienne, Mario était un ami de longue date.

On se connaissait depuis les années septante. Riccio, comme on l'appelait aussi, c'était en vérité l'ami, et en tout cas le bon copain, de tout le monde. La notoriété de sa carrosserie, rue Albert 1er, à Anderlues, avait dépassé depuis plusieurs décennies les frontières de la cité des Bourlettis. Ce natif de Paterno Calabro en Italie avait le cœur sur la main. Vous déposiez votre véhicule, il s'y plongeait corps et âme, le réparait, et la note pouvait parfois attendre. Généreux, Mario l'était. L'homme aurait pu tenir un bistro mais il avait préféré réparer les bobos de nos petits monstres à quatre roues.

Un bistro? Oui. Son lieu de travail en avait les atours. Son frigo était tout le temps plein. De la bière, du vin, du whisky, des soft. De la charcuterie, du fromage. Et le thermos à café était rarement vide. C'était un point de chute où l'on pouvait se retrouver entre potes. Refaire le monde. Prendre le café du matin, l'apéro de midi et la bière du soir. Et tout ça à l’œil. C'était gratuit. Pour le taquiner, il m'arrivait de lui dire qu'il faisait concurrence aux cafés de la place. Ça l'amusait beaucoup. L'âge de la pension étant largement dépassé, il disait qu'il allait tout de même bien se résoudre à remettre son affaire. Le vertige de l'oisiveté devait sans doute le tenailler un peu. A 74 ans, il s'était pourtant décidé récemment à passer la main.

Le coronavirus l'aura privé d'une retraite bien méritée. Une figure attachante et populaire d'Anderlues vient de partir. Salut Mario, on ne t'oubliera pas. Jamais.

Les visites au funérarium Chapelle à Anderlues (rue des combattants) auront lieu ces mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 16 à 18 heures, maximum dix personnes à chaque fois.

La levée du corps se fera le lundi 17 août à 09 heures et sera suivie d'une messe à l'église d'Anderlues à 09h30. Avec un maximum de cinquante personnes, priorité sera donnée à la famille. Puis aura lieu l'inhumation vers 10h45 au cimetière d'Anderlues, avec un maximum de cent personnes.