Qu'est-ce qui pourrait permettre à faire comprendre à Salvatore que son comportement nuisible doit enfin prendre fin ? Pas les nombreuses auditions à la police, puisqu'il recommençait à harceler son ex-compagne le lendemain. Ni même les refus de contact de la victime ou de ses proches. Encore moins l'écoulement du temps puisque de nouveaux procès-verbaux pour harcèlement continuent d'arriver sur les bureaux du parquet de Charleroi.

Pour le parquet, l'unique solution est une peine sévère de prison : 36 mois. Telle est la hauteur de la peine requise ce lundi matin par le substitut Daniel pour sanctionner le comportement inapproprié et déviant de Salvatore. Après six ans de relation, ce dernier a eu beaucoup de mal à accepter la séparation sentimentale.

Durant plus d'un an, Salvatore a rendu de nombreuses visites à son ex-compagne, sans être invité. « Il a adopté le même mode opératoire. Il se rendait devant le domicile, il toquait à la fenêtre ou se rendait dans le passage latéral. Il a même répété son comportement, à plusieurs reprises, dans le même jour », confirme la partie civile. Le parquet ne manque pas non plus d'évoquer les appels répétés sur le téléphone de la victime, qui a fini par bloquer le numéro de Salvatore.

Le point culminant des infractions reprochées à Salvatore a sans doute eu lieu le 4 juillet 2020. Ce jour-là, à Fontaine-L'Evêque, le prévenu est parvenu à s'introduire dans le logement de la victime, en grimpant sur la plateforme pour avoir accès à une fenêtre qu'il a forcée. « Il a ensuite saisi les poignets de la victime de manière brusque pour lui faire lâcher son téléphone. Il était entré dans la maison pour vérifier que la victime n'avait pas d'autres relations », précise le substitut du procureur, alarmé par le comportement de Salvatore.

D'autant plus que ce dernier a déjà été condamné par le passé pour harcèlement. « Il sait donc ce que c'est, mais il ne s'arrête pas. Il ne comprend pas qu'il doit s'arrêter. » Le parquet sollicite un sursis probatoire strict, avec les 36 mois de prison. Me Cauchie, avocate du prévenu, plaide un sursis simple ou probatoire pour son client. La condition de ne plus entrer en contact avec la victime est prévue. Jugement le 30 mai.