Quand on comparaît devant le tribunal correctionnel et qu'on risque 2 ans de prison, normalement, on fait son possible pour être présentable, poli et complet. On s'assure de répondre aux questions que la justice pourrait avoir, et on fait valoir son point de vue. Normalement. Mais ça, ce n'est pas Samir.

Le jeune Carolo, qui n'avait pas de boulot et était au CPAS avant de filer en prison en attendant son jugement, était poursuivi pour une scène de coups sur sa compagne. 

Le 11 mai 2021, la police intervient à la gare de Charleroi. Une jeune femme est apeurée et sous le choc. Samir est emmené, pendant qu'elle est entendue et qu'elle dépose une plainte. Ce que rapporte le procureur du Roi fait froid dans le dos: elle a reçu un appel de son ex pendant qu'elle se trouvait avec Samir. Son ex, et père de leur enfant de 6 ans, la contactait justement... à propos de leur enfant commun. Mais ça, Samir semble incapable de le supporter. Il lui a mis un coup de boule et un coup de pied. 

Elle et Samir viennent à peine de se rencontrer, mais ce n'est pas la première fois que la jeune femme recevait des coups. "Ca l'excite de me voir remplie de bleus", a-t-elle dit. "Il aime me baiser, parce qu'il dit qu'il baise l'Algérie." L'ex et père de l'enfant dira d'ailleurs, de son côté, qu'il a déjà constaté aussi qu'elle se faisait taper. Elle serait d'ailleurs terrorisée par Samir, qui lui aurait déjà demandé de renier son enfant, et qu'il le tuerait si elle ne le faisait pas.

Le procureur demande deux ans d'emprisonnement. Samir a déjà des antécédents judiciaires: il a été condamné pour vol avec violence, stupéfiants, coups et blessures... et même viol. À la défense, Me Napoli demande une peine de probation autonome, puisque Samir n'a plus droit au sursis, ce qui permettrait à ce dernier d'entamer une formation de gestion de la violence. Des démarches sont déjà effectuées, et la compagne a d'ailleurs retiré sa plainte depuis lors. 

Mais Samir a repris la parole, après le réquisitoire du ministère public et après la plaidoirie de son avocat. "C'est l'ex qui invente tout. Il manipule, elle-même elle a retiré la plainte", s'énerve-t-il, l'air bravache, face à la juge Hermant. En réponse, elle a haussé le ton également, puis a mis un terme à l'audience, tout en faisant noter d'un air sévère que le prévenu "n'avait aucune prise de conscience" et qu'il disait qu'il "n'avait rien fait de mal". C'est consigné dans le PV qu'elle utilisera notamment pour motiver son jugement. Même si la juge devra se montrer neutre et appliquer la loi, pas sûr que le triste coup d'éclat de Samir serve sa cause.

Jugement le 8 juillet.