La chambre de traitement de la toxicomanie de Charleroi a repris après plus de deux mois d’arrêt à la suite du confinement.

Pour rappel, la chambre de traitement de la toxicomanie a officiellement ouvert ses portes en janvier dernier à Charleroi. Déjà présente en Flandre et au Canada, son succès n’est plus à prouver. Le but? Aider les personnes dépendantes des produits stupéfiants qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Charleroi de s’en sortir sans forcément passer par la case prison. En concertation avec la maison de justice et les centres thérapeutiques, les justiciables devront suivre, durant 10 mois, un programme afin de soigner leur dépendance et pouvant leur permettre d’échapper aux sanctions pénales habituelles requises par le ministère public. Tous les mois, à l’audience, le point sera effectué sur l’évolution du programme via des rapports établis par les assistants de justice.

Ce mardi, après plus de deux mois d’arrêt à la suite du confinement, la CTT a redémarré. Clélia, pionnière du programme à Charleroi, a loupé un rendez-vous téléphonique avec son assistante de justice. Mais dans la globalité, le travail effectué par Clélia est positif. « J’ai pas eu l’occasion de faire grand-chose avec le confinement, mais je ne consomme plus et j’ai découvert la spiritualité. Ça peut m’aider à m’en sortir. » Le tribunal encourage la jeune femme à continuer ses efforts.

Deux échecs dans le processus

Mais le programme connaît déjà ses premiers échecs. Sean et Camille, qui se trouvaient déjà en mauvaise posture lors de la précédente audience en février dernier, ne font plus partie du programme et n’échapperont pas à une sanction pénale. « Ils ne répondent pas aux appels et ne rappellent pas non plus », explique l’assistante de justice. Les deux personnes ne se sont même pas présentées à l’audience. « Clélia, amie de Camille, devait passer la chercher, mais cette dernière lui a signalé qu’elle était encore en pyjama. » La substitute Coduys a donc requis une peine de 18 mois de prison pour la détention et la vente des produits stupéfiants pour Sean et Camille.

Les deux jugements seront prononcés le 16 juin prochain, lors de la prochaine audience de la CTT.