Le débat sur la sécurité publique à Charleroi, ce ne sera pas encore pour le conseil communal de lundi.

Le mois dernier, le MR qui avait fait inscrire plusieurs interpellations et questions d’actualité à l’ordre du jour en avait demandé le report en l’absence du bourgmestre, excusé pour raisons de santé. "À nouveau, nous avons dû nous résoudre à remettre la thématique à plus tard", confie le chef de groupe MR Nicolas Tzanetatos.

Dans un premier temps, il avait été convenu d’y consacrer une demi-heure, après le conseil citoyen et avant l’examen de l’ordre du jour ordinaire.

Selon Jean-Philippe Preumont (PS) qui préside la préparation des séances du conseil, c’est le MR lui-même qui avait proposé de limiter la durée des débats. "Il a fait marche arrière", note-t-il. Tzanetatos nuance. "Les 30 minutes auxquelles j’avais fait référence concernaient notre présentation et notre éventuel temps de réplique. Mais c’est beaucoup trop court pour obtenir une réponse détaillée du bourgmestre et échanger avec les autres groupes politiques", observe-t-il. Reporter à décembre n’est pas réaliste.

On le sait : la dernière session de l’année est consacrée à l’examen et au vote du budget communal. Or, le MR ne veut pas s’enfermer dans un délai pour aborder ce qu’il considère comme l’enjeu le plus important pour les carolos. "Sortir la ville de l’insécurité constitue notre priorité", enchaîne le député fédéral Denis Ducarme, qui encadre les élus locaux de son parti. "Nous ne voulons pas nous faire confisquer la parole par la majorité en place, et singulièrement le PS. J’estime que ce débat a toute sa raison d’être, qu’il ne faut pas le bâcler. Les manœuvres dilatoires de la majorité cachent un sentiment de peur." Ducarme persiste et signe : "régulièrement, des citoyens m’interpellent sur la situation. Certains n’osent plus sortir de chez eux pour aller boire un verre ou manger au resto. La majorité doit mieux soutenir sa zone de police, renforcer les moyens humains et matériels d’action et d’intervention. Nous avons un grave problème à Charleroi. Vouloir réduire les échanges à une trentaine de minutes est purement scandaleux. Nous allons prendre le temps qu’il faut mais nous ne lâcherons rien !"