Les maisons de repos du CPAS unies face au Covid-19 : un état des lieux de la situation vient d’être établi.

À côté des neuf décès de résidents enregistrés à l’hôpital, les maisons de repos du CPAS de Charleroi en ont elles-mêmes comptabilisé sept, ce qui porte le bilan de la mortalité du Covid-19 à seize personnes. "Notre réseau en accueille 1 006 qui sont encadrés par 900 membres du personnel", rappelle le président de l’institution Philippe Van Cauwenberghe (PS). Le taux de 1,6 % relativement bas pourrait grimper dans les prochains jours. Plusieurs cas avérés ou suspects sont en effet diagnostiqués. 

Pour limiter les risques, des testings ont été pratiqués sur les agents mercredi à Gilly et ce jeudi à Marcinelle. Les résultats sont attendus à partir de ce vendredi. En sa qualité d’employeur, le CPAS en sera informé. Il n’a toutefois pas le pouvoir d’écarter des travailleurs asymptomatiques infectés, seuls les médecins de famille ont la capacité de le faire sur base de leur évaluation. L’institution dit avoir les moyens en interne de réorganiser ses équipes pour pallier un pic d’absences dans ces maisons de repos. Van Cau appelle le fédéral à fournir des tests pour poursuivre la campagne dans le reste du réseau.

Pour maintenir partout les résidents en santé et en sécurité, la décision a été prise d’aménager des espaces covid-confinés pour y diriger des patients suspects ou positifs. À Marcinelle et Gilly où ces unités sont fonctionnelles, des sas étanches d’habillage et de déshabillage ont été aménagés, les équipements jetables y sont collectés et détruits tandis que ce qui peut être désinfecté est orienté vers les circuits ad hoc. Le personnel reste dans ces unités même pour y manger.

Dès le début de la crise, des précautions spéciales ont été mises en place pour assurer les soins et services 24 heures sur 24 dans les meilleures conditions : suspension des visites, respect des normes de distanciation sociale dans les espaces communs, mesures d’isolement pour les nouveaux arrivants ou les retours de séjours en hôpitaux.

Pour tenir dans la durée, les équipes ont été scindées et prestent en alternance des périodes de sept jours. Chacun prend sa température à son arrivée au travail, et regagne son domicile en cas de fièvre.

Les maisons de repos ont reçu des protections individuelles pour leur personnel - masques, gants et matériel adapté - notamment grâce à l’ISPPC qui en a fourni une grande partie. Mais selon Philippe Van Cau, les surblouses commencent à manquer. Un appel vient donc d’être lancé sur les réseaux sociaux. En dehors des remerciements des familles et encouragements, des solidarités extérieures se manifestent, au travers de dons ou d’offres de services.

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