Gheorghita Balan a expliqué qu'il était entré dans la maison, en compagnie de Marin Filimon. Il a frappé Michel Masuy alors que l'autre cognait Nicole Paternoster. Aurel Nichiforean est resté dans la voiture. "Il a expliqué qu'il avait donné des coups à Monsieur Masuy. Pendant qu'il assume sa responsabilité, les deux autres disent qu'ils n'étaient pas là. Ils ont essayé de tout lui mettre sur le dos, sauf que Balan ne pouvait pas être au four et au moulin, il ne pouvait pas frapper et fouiller en même temps".

La défense rappelle que Gheorghita n'est pas un voleur de maison, sa spécialité étant le vol de cuivre sur des chantiers. "On peut relier chaque partie de son discours à des éléments objectifs du dossier".

Premier élément, deux hommes sont entrés dans la maison. "La petite-fille des victimes, témoin des faits, a déclaré que le méchant monsieur avait frappé son bon-papa, pas sa bonne maman. Elle a dit que le méchant monsieur avait fouillé les tiroirs, il y a laissé son ADN. Elle ne pouvait pas voir, de là où elle était, s'il y avait un deuxième individu dans le couloir où à l'étage. Filimon est ce second individu".

Deuxième élément présenté par la défense de Balan, les photos des mains des accusés. "Les deux autres accusés ont menti, le 12 mai, déclarant que Balan était blessé à la main droite".

Le troisième élément concerne le sweat noir, porté par Balan, sur lequel des micro-traces du sang de Nicole Paternoster ont été retrouvées. "Il y avait seize micro-traces, pas des traces. Sur les seize, cinq ont une quantité d'ADN suffisant, dans le bas de la veste, mais pas sur la manche".

Lors de la perquisition, les enquêteurs n'ont pas retrouvé cette trace. Cette veste a été déposée dix-huit jours plus tard, par la compagne de Filimon. Au même moment, l'INCC dénonçait l'arrivée de cette pièce à conviction dans un sale état, l'emballage ayant été déchiré. Pour la défense, ce sont des micro-traces de contamination. Aucune trace de sang n'a été retrouvée sur le tiroir où il a laissé son empreinte génétique, relève la défense, ni sur ses chaussures.

Un cil de Balan a été retrouvé sur le pull de Nicole Paternoster. La défense apporte une explication. "Il s'est rendu compte que Filimon était allé trop loin. Il s'est penché vers elle et il a pris la fuite, traitant Filimon de malade. Il est parti à pied, se désolidarisant des autres".

A l'instar des avocats de la partie civile et de l'avocate générale, Me Ciccarone estime que la version de son client est la plus crédible. L'avocate ajoute que les experts n'ont pas écarté l'utilisation d'un objet contondant, et rappelle que Filimon était armé. Il a pu, dès lors, frapper Nicole Paternoster avec la crosse de son arme à feu.

Me Ciccarone estime que Gheorghita Balan n'était pas animé de l'intention de tuer quand il a porté des coups à Michel Masuy, le 25 avril 2017. "Notre thèse est qu'il n'y a pas de lien causal entre les coups et la mort de cet homme".

Michel Masuy était un homme diminué, suite à un AVC survenu quelques années plus tôt. Le jour des faits, il s'est rendu chez sa voisine pour appeler les secours. Après son hospitalisation, Michel Masuy a passé un an en maison de retraite. Un témoin a déclaré qu'il s'était laissé mourir après la mort de son épouse, décédée le 5 août 2017. Lui est mort le 18 octobre 2018.

Enfin, Me Lauvaux a expliqué aux jurés la notion de doute qui doit profiter à la défense. "Il ne peut pas être jugé responsable de la mort de madame Paternoster, sur base du prisme fou de la corréité. Pour monsieur Masuy, il a porté des coups sans effusion de sang, car un boxeur sait frapper". Les coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sont plaidés par la défense. "Il ne peut pas être tenu responsable de la folie d'un autre".