Le prévenu a affirmé avoir été dépassé par la maladie de sa femme, atteinte de schizophrénie

CHARLEROI Un habitant de Lobbes est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour séquestration arbitraire et traitements dégradants sur son épouse schizophrène. Son fils répond de non-assistance à personne en danger.

La victime était enfermée dans une pièce, dénutrie et baignait dans les excréments. Le sexagénaire, Gabriel D., a reconnu jeudi devant le tribunal correctionnel de Charleroi, avoir séquestré son épouse durant près d'un an dans une pièce froide et humide. Le prévenu a affirmé avoir été dépassé par la maladie de sa femme, atteinte de schizophrénie.

En 2009, il avait saisi la Justice de Paix et convoqué le médecin afin d'obtenir un certificat relatant l'état de son épouse. Il avait alors ouvert la pièce dans laquelle la victime était séquestrée dans des conditions d'hygiène lamentables. "Le matelas effondré était recouvert d'excréments, des restes de repas pourris jonchaient le sol gelé", a expliqué le substitut du procureur du Roi. "La victime, qui n'avait plus été changée depuis des mois, ne portait qu'un pull crasseux."

Le fils, venu suppléer son père durant son hospitalisation, se voit reprocher son absence de réaction face à cette situation, alors qu'il suffisait d'appeler les services sociaux pour que sa mère soit prise en charge. Reconnaissant toutefois le calvaire que les prévenus ont dû supporter durant des années, le parquet a sollicité la suspension du prononcé, à l'instar de la Défense. Le jugement sera rendu le 18 octobre.

© La Dernière Heure 2012