Un propriétaire est poursuivi pour mauvais traitements sur neuf équidés.

Gérard est un amoureux des chevaux. C’est en tout cas ce qu’il prétend. Il affirme récupérer des équidés de pâture pour leur éviter la boucherie. Sauf que ce jeudi, il comparaissait lui-même devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour mauvais traitements sur neuf de ses canassons. L’affaire remonte au 22 avril 2011.

Ce jour-là, la SPA de Charleroi et la police locale de la zone Lermes menaient une descente dans une pâture d’Erquelinnes. "Les neuf chevaux faisaient l’objet d’un manque de soins flagrant", rue le substitut Dufrasnes. "Leurs pieds n’étaient pas soignés, ils n’avaient pas reçu de traitement anti-parasites et surtout, ils erraient dans une prairie vierge de toute herbe et parsemée d’engins agricoles qui auraient pu les blesser. Pis, leurs auges étaient complètement vides. On parle ici de graves manquements. Trois animaux ont été saisis administrativement par la SPA, tant ils étaient maigres !"

Vu l’absence d’antécédents du prévenu, le parquet ne s’est pas opposé à une mesure de faveur. Mais Gérard, lui, conteste formellement ces mauvais traitements. "Je voulais faire reproduire la jument, dont le grand-père était célèbre", dit-il. "Je leur ai fait suivre un régime pour qu’elle soit en chaleur. La SPA exagère : elle veut que les chevaux soient ronds. Mais pas question d’avoir des bêtes fourbues qui se déplacent comme des canards !"

Selon Me Lavend’homme, conseil du propriétaire, la descente SPA-police-presse démontre qu’on a voulu faire un exemple. " Mon client a fait l’objet d’une dénonciation malveillante. Ces chevaux étaient dans un état globalement acceptable puisque six d’entre eux ont été immédiatement restitués. On était au début du printemps et l’herbe repoussait. Ils recevaient en outre des compléments alimentaires. Quant à l’eau, ils pouvaient s’abreuver dans la Thure puisque le ruisseau borde la pâture." Jugement le 3 mars.