Selon l’ASBL Solidarités Nouvelles, il y aurait près de 800 logements privés inoccupés dans le grand Charleroi. Raison pour laquelle le mouvement a appelé les militants du secteur associatif mobilisés contre les injustices sociales à investir la rue de la Montagne en centre-ville pour une action de désobéissance civile. "Il n’était pas cohérent de demander l’autorisation d’organiser ce sit-in à un système qui nous exclut", commente une coordinatrice de l’action.

Devant les magasins et immeubles vides, les participants venus de Bruxelles et toute la Wallonie déplient leurs calicots et slogans : "Un toit pour tous", "Une seule option : la réquisition !", "Pas de logement = famille éclatée", etc. "Dans le cadre de la journée mondiale de l’habitat, nous avons décidé de rappeler au souvenir de nos autorités le nombre inacceptable de logements inoccupés. Il existe des outils pour les remettre dans le circuit locatif : actions en cessation, réquisition douce, baux d’auto-rénovation ; etc. Mais ces outils ne sont pas utilisés. Cette action est la première d’une campagne que nous avons intitulée : le vide ça suffit, et qui va se poursuivre ici et ailleurs si aucune réponse ne nous est apportée. Ce vide n’est pas seulement celui des logements vacants, c’est aussi celui des réponses politiques et du Droit du Logement face à une situation qui perdure depuis plus de 20 ans !"

Le choix de la rue de la Montagne ne s’est pas opéré par hasard. Comme l’expliquent des militants, "cette artère a valeur de symbole pour de nombreux carolos qui l’ont vu mourir à petit feu pour devenir un quartier quasiment fantôme. Il faut savoir qu’aux étages des magasins inoccupés, il y a des dizaines de milliers de mètres carrés habitables. Nous avons des solutions pour les réaffecter, et le but de notre action est de pouvoir en discuter avec nos autorités. Ensemble, nous voulons participer à une vraie transformation sociale et favoriser une ville inclusive !", expliquent Fatima, Grazia, Véronique, Antoine, Germain et d’autres.

Échevine du Logement de Charleroi, Laurence Leclercq rappelle que la problématique dépasse la ville de Charleroi. "Face aux propriétaires privés, il y a deux attitudes possibles : la manière dure ou la douceur. Plutôt que de recourir à la force, j’ai décidé de renforcer notre agence immobilière sociale (AIS) pour la rendre plus efficace face aux injustices."