Ce jeudi 12 novembre, la petite commune de Sivry-Rance, dans la botte du Hainaut, tenait son premier conseil retransmis sur Internet. Et ça a cartonné : si d'habitude, la vie politique y est plutôt assez vive puisqu'une vingtaine de spectateurs viennent, en temps normal, assister au conseil communal, cette retransmission de jeudi dernier a - elle - été visionnée par pas moins de 250 personnes! Une équipe professionnelle avait d'ailleurs été recrutée pour assurer un "show" de qualité. 

Mais la fin du conseil a été un gros "couac" : alors qu'il est de coutume (et c'est inscrit dans le ROI du conseil communal) que les conseillers - notamment l'opposition - puissent poser des questions au bourgmestre et aux échevins après la fin du dernier point, juste avant le huis clos, ça n'a pas été le cas jeudi. 

En effet, à la fin de l'ordre du jour public, le bourgmestre s'est levé et a déclaré "nous clôturons ici la séance publique", sans laisser l'opposition poser ses questions. "On le fait pourtant à chaque conseil", vocifère Francis Biset de l'opposition ACE. "On a eu beau rouspéter, la diffusion a été stoppée et le public n'a pas pu entendre nos questions d'actualité. Ce n'était en plus pas sa place, puisqu'il y a une président du conseil, je pense qu'il ne voulait pas qu'on puisse poser nos questions en public... "

Contacté, le bourgmestre Jean-François Gatelier tempère ces accusations : "je vous assure qu'il n'y avait aucune volonté de museler l'opposition. Il y a sans doute une erreur de notre part, parce qu'on leur laisse effectivement la parole après chaque conseil, mais je ne savais pas qu'il s'agissait d'une règle légale - la Directrice Générale faisant fonction a vérifié, et c'est bien inscrit dans notre règlement. En fait, on voulait s'en tenir à l'ordre du jour, parce qu'il était déjà 22h30, et le contrat de l'équipe technique prenait fin. A refaire, on prévoira plus de temps, c'est sûr. Il n'y a aucune mauvaise intention de notre part, d'ailleurs leurs questions ont bel et bien été posées, mais hors de la retransmission. D'ailleurs, si j'ai pris la parole et non la présidente, c'est uniquement parce que je voulais cadrer le débat, c'est bien elle qui a ouvert et fermé la séance, et qui a tenu l'ordre du jour. C'est important de le savoir aussi." Il signale par ailleurs, qu'à part ce couac de fin, la retransmission a été - selon lui - un vrai succès. 

Du côté d'ACE, on râle sec. "Ce n'est pas le premier acte illégal du bourgmestre, et on n'est pas dans une république bananière... Pour l'instant, on se concerte encore, mais on pourrait bien interpeller le ministre des pouvoirs locaux. On ne peut pas continuer à laisser faire ce genre de choses." Leur précédent recours au ministre, concernant la vente d'un terrain agricole, n'a pas été suivi.