À Sivry-Rance, petite commune de la botte du Hainaut, la tenue du conseil communal du 12 novembre - retransmise en visioconférence à cause de la pandémie - aurait pu être un succès, mais s'est finalement soldée en fiasco. Près de 250 personnes ont suivi les débats du conseil, un chiffre impressionnant : à titre d'exemple, on compte en général de 0 à 10 citoyens dans le public pour des communes de petite taille en temps normal, et rarement plus d'une cinquantaine même quand des "gros sujets" font se déplacer les gens. 

Mais ce 12 novembre, avant la fin du conseil, où d'habitude les conseillers communaux de Sivry-Rance posent leurs question au collège - c'est l'opportunité pour eux de faire valoir des points de vue, rapporter des remarques que des citoyens leur ont confié, critiquer les décisions prises par le collège aussi - la transmission a été coupée. Tout simplement, malgré les protestations des élus.

De quoi faire rugir l'opposition ACE (Alternative Citoyenne Ensemble), évidemment, qui s'est dit "muselée" par le bourgmestre. D'autant plus lors d'un conseil communal tant suivi. Francis Biset, chef de groupe ACE, avait saisi avec ses colistiers le Ministre des pouvoirs locaux. Contacté à ce moment-là, le bourgmestre Jean-François Gatelier (MIL) reconnaissait du bout des lèvres "sans doute une erreur de sa part".  

C'était bien une erreur. Par courrier envoyé au Collège des Bourgmestre et Echevins de Sivry-Rance, le Ministre des pouvoirs locaux Christophe Collignon vient de rappeler les autorités locales à l'ordre, nous signale ACE : "Les questions que peuvent poser les conseillers font partie de la séance publique du Conseil. Elles doivent dès lors être retransmises en direct", écrit le Ministre. "Je vous prie, pour l’avenir, de veiller au strict respect de l’article L1122-10 du Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation mais également de l’article 77 de votre règlement d’Ordre Intérieur. Il en va de la transparence mais également de la sérénité des débats démocratiques."