Le CPAS de Charleroi a reçu une aide exceptionnelle du fédéral pour toucher un nouveau public : "nous sommes, ou nous sortons j'espère, de cette crise sanitaire du coronavirus. Il faut maintenir se tenir prêt à faire face à la vague sociale. On la ressent arriver, pas aussi vite qu'on ne le pensait mais on sait que les mois à venir seront compliqués", note Philippe Van Cauwenberghe, président du CPAS de Charleroi.

La task force fédérale a mis 5.8 millions d'euros sur la table afin d'aider ce nouveau public qui ne peut pas passer la crise sans répercussions : augmentation du coût de la vie, frais médicaux, perte d'emploi. Les personnes qui peuvent bénéficier d'une aide sont principalement ceux qui n'avaient, jusqu'à présent, pas dû faire appel à l'aide sociale. Travailleurs intérimaires, étudiants jobistes, chômeurs "Covid", artistes et travailleurs du spectacle et de l'événementiel, travailleurs du sexe, sans-abri et enfants d'un ménage précarisé. "Par exemple, un travailleur qui gagnait bien sa vie et qui a soudain perdu 50% de ses revenus a des factures à payer qu'il n'est plus capable de supporter. Quelqu'un qui a reporté son prêt hypothécaire à cause d'un chômage temporaire et qui n'arrive plus à faire face à ses dépenses malgré la reprise du travail. Un étudiant qui avait besoin de son job étudiant pour payer ses études et qui n'a pas été repris après le confinement..."

Les aides sont ciblées: l'aide au logement, les factures d'énergie, des frais psycho-médico-sociaux, des aides financières, des charges pour un suivi psychologique en cas de violences conjugales ou d'anxiété suite à la crise, une participation aux abonnements Internet, GSM ou l'achat d'un ordinateur, des factures impayées (voiture, huissiers, funérailles, ...), des frais scolaires de rentrée (cantine, crèches, minerval des hautes écoles et université, etc.). Le CPAS propose désormais d'aller piocher dans ces 5.8 millions d'euros pour aider à passer le cap.

Pour toucher ce nouveau public, un call center dédié a été mis en place, le 071/20.72.07 (du lundi au vendredi de 8 à 12 heures), et une adresse mail inforcovid@cpascharleroi.be. Les syndicats, écoles, associations d'artistes, associations sociales ou de rue pourront aussi servir de relais. Cinq éducateurs et deux profils administratifs ont été recrutés pour s'occuper des dossiers, durant les quatre prochains mois : "nous devons aussi aller dans les files pour les colis alimentaires ou le resto du coeur par exemple, pour faire connaître les aides qui existent et dont les gens n'ont peut-être pas encore conscience", poursuit Van Cau.

Par contre, afin d'aider le public qui a réellement besoin d'aide, chaque aide sera conditionnée à l'ouverture d'un dossier au CPAS : c'est-à-dire qu'il faudra établir, avec un travailleur social, un tableau des rentrées, du patrimoine et des charges. Sur base de ce dossier, une aide sera validée ou refusée, et le montant dépendra de la situation individuelle de chacun. Et en cas de montants importants ou de situations plus "touchy", une audition supplémentaire au CPAS pourrait s'avérer nécessaire. "On en a malheureusement régulièrement, des gens qui se disent : oh j'ai un peu perdu pendant la crise, je vais essayer d'avoir les aides. Et on se retrouve avec des dossiers où on voit qu'ils ont certes perdu une partie de leurs revenus pendant la crise, mais qu'ils sont propriétaires de 5 bâtiments, avec des loyers qui rentrent tous les mois, et qu'ils ont repris le travail. Ce n'est évidemment pas la vocation de cette aide, qui doit se concentrer sur ceux qui en ont réellement besoin", ajoute encore le président.

Ces aides sont disponibles jusqu'au 31 décembre 2020. "Je plaide évidemment pour que ces montants soient répétés en 2021, parce qu'il y aura encore des situations problématiques qui se produiront le 1er janvier. C'est très difficile de se projeter dans l'avenir avec la situation actuelle, mais déjà cette manne de près de six millions d'euros pourra déjà aider toute une partie de la population touchée durement par la crise", conclut Philippe Van Cauwenberghe.