Marqueurs du paysage urbain et vecteurs de culture, témoins d’une page importante de l’histoire industrielle du Pays noir, les terrils n’ont pas seulement le regard tourné vers le passé ni le présent. Ils sont porteurs d’avenir.

La preuve ? Six des 36 terrils situés dans les limites de la ville ont inspiré des projets de valorisation. Dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal de Charleroi, le conseiller PS Maxime Hardy interroge le bourgmestre sur la nature de ces projets et leur évolution. Deux sont immobiliers.

Aux Hiercheuses à Marcinelle et au Sacré Français à Dampremy, il est question de construire de nouveaux quartiers. Ce projet initié par la Région wallonne (qui y a entretemps renoncé) a continué à suivre son cours. Selon Magnette, la potentielle vente de l’entreprise Vandezande en difficulté (propriétaire du premier terril) n’empêchera en rien son repreneur de continuer le développement immobilier.

Au Sacré Français, la Ville est associée à la SCRL Valimo : une demande de permis devrait être déposée cette année, elle portera sur la création de logements dans la zone est et sud-est au pied du site. La volonté est aussi de coupler l’opération à une requalification urbaine du périmètre très dégradé. À Roux, la Ville a donné son feu vert à la création d’un pôle agroalimentaire au pied du Martinet. Une note d’orientation a été adoptée en ce sens par le collège communal en février 2019. Le Martinet s’étend sur 53 hectares, voués en grande partie à la biodiversité. Deux terrils en occupent la moitié de la superficie au nord. La volonté est d’y concentrer des activités de production et de transformation liées à l’alimentation.

Enfin, trois derniers terrils intéressent la société Gazonor Benelux pour l’exploitation de gaz de mine en vue de la convertir en électricité domestique. Il s’agit des sites du puits de Bas-Long-Pré à Marchienne-au-Pont (siège n°19), celui des Cerisiers à Marcinelle (siège n°23) et enfin des Fiestaux à Couillet (siège n°24). Dans ce cadre, le promoteur a introduit une demande de permis exclusif d’exploitation à l’instruction à la Région wallonne. L’obtention d’autres autorisations d’urbanisme et d’environnement est requise pour chacun des trois sites, ce qui ne viendra que dans un second temps.