À première vue, Sofiane ne semble pas être en mesure de s’énerver. Le jeune homme, étudiant dans l’informatique, paraît être d’un calme olympien lorsqu’il se présente devant le tribunal correctionnel de Charleroi. L’opinion se confirme lorsqu’on épluche son casier judiciaire. Sofiane n’a aucun antécédent judiciaire. Mais il aura suffi d’une seule scène pour mettre à mal l’image du garçon calme et serein…

Le 20 avril 2018, Sofiane monte dans un bus TEC. Une fois à l’intérieur, Sofiane constate qu’il connaît le chauffeur. Comme il le confie au tribunal, Sofiane a déjà eu de légers ennuis avec l’employé. Et la situation ne s’arrange pas ce jour-là. Pour le jeune homme, le chauffeur a déjà commis une première erreur. "Il s’est volontairement arrêté plus loin quand j’attendais le bus. J’ai couru pour rattraper le bus." À peine la première marche montée, Sofiane se plaint encore auprès du chauffeur. "J’ai été le voir, car il faisait chaud dans le bus. Je lui ai demandé si on pouvait ouvrir les trappes, mais il m’a dit qu’il ne savait pas le faire." Sofiane se rassied près de son ami…

Le bus poursuit son trajet habituel, jusqu’à l’arrêt de bus où Sofiane doit descendre à Wanfercée-Baulet. Mais, là encore, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Sofiane appuie sur le bouton pour demander l’arrêt du bus, mais le conducteur continue sa route. Sofiane va alerter le chauffeur. "J’ai été le voir et il me dit qu’est-ce que tu veux ? Que je fasse marche arrière ?" 

Sofiane perd encore plus son calme lorsqu’il se dit avoir été victime d’insultes racistes. "Il m’a dit d’aller manger du porc et m’a traité de "sale arabe". J’ai cogné dans la vitre conducteur, mais je ne pensais pas qu’elle allait se briser", confie Sofiane.

Mais pour la substitute Dutrifoy, aucune insulte raciste n’a été prononcée par le chauffeur. "Il y a eu un dossier ouvert, mais un non-lieu a été prononcé. De plus, les témoins auditionnés disent ne pas avoir entendu ces propos." La substitute en profite donc pour refixer la position des protagonistes. "Ce sont souvent les chauffeurs qui sont agressés et menacés." Le ministère public ne s’oppose toutefois pas à octroyer une mesure de faveur à Sofiane.

Jugement attendu pour le 20 novembre prochain.