Après des "énormes efforts" pour stabiliser le budget, la Province de Hainaut a pu dégager 1 million d’euros, qu’elle a décidé d’attribuer aux communes pour des projets dits "supracommunaux" , c’est-à-dire qui sont communs à plusieurs entités.

Pour Charleroi et le Sud-Hainaut (12 communes), 540.000 euros sont prévus, sur 2 ans, pour augmenter l’attractivité du territoire. "Il y a grands deux axes", explique Alain Braun, premier directeur à la Province. "Tout d’abord, attirer les investisseurs, belges ou étrangers, en leur facilitant la vie : administrativement, les aider à trouver des terrains, à obtenir des permis, etc. Ensuite, vu la frontière très large avec le Brabant Wallon, créer des logements pour les travailleurs." Pour l’instant, beaucoup habitent dans le BW et viennent travailler sur le Hainaut, il faut pouvoir rendre la région accueillante en montant des crèches, des hôpitaux, et mettre en avant le fait que les prix ici sont plus bas. "Enfin, on veut booster l’action touristique via l’aéroport de Gosselies." Que le BSCA serve de porte d’entrée au tourisme hennuyer, en somme.

La supracommunalité mise en avant par la Province n’est qu’un "point de départ", admet le directeur. "Les fonds sont insuffisants pour tout réaliser, il faut que les communes se saisissent de l’initiative lancée par nos appels à projets, et continuent ensuite à développer des synergies entre elles." Au-delà de ce million exceptionnel, la Province propose d’ailleurs chaque année 12 millions d’euros pour motiver la supracommunalité.

Après ces deux années, un appel à projets sera relancé. "À ce stade on ne sait pas encore si on va proposer autre chose aux communes de Charleroi et du Sud-Hainaut, ou si on va renforcer ce qui commencera à se mettre en place dans les mois qui viennent."

Le mot d’ordre, pour Alain Braun, est l’action communale : "Après tout, qui mieux que les communes savent quoi faire pour elles-mêmes ?"

Un projet commun pour Aiseau et Farciennes

Dans la région, en plus du projet présenté par Charleroi/Sud-Hainaut, citons ceux portés par Courcelles et Fontaine-l’Evêque; Erquelinnes, Lobbes et Merbes-le-Château ou encore Chimay, Froidchapelle et Momignies. Les communes mettent sur pied des projets de conciliation éthique et de prévention à la santé.

Aiseau-Presles et Farciennes se sont également prêtées au jeu. "Au total, c’est un projet commun de 16.000 euros. La Province prévoit 0,75 euro/habitant", détaille Jean Fersini (PS), bourgmestre d’Aiseau-Presles. Si le dessein aiseau-farciennois paraît plutôt modeste à côté de mastodonte à 400.000 euros, il a néanmoins le mérite d’exister. "Le projet est porté par les deux communes voisines et le CPAS", ajoute le mayeur.

Le projet présenté vise à faire face aux difficultés socioéconomiques dans les deux communes en développant des épiceries sociales, en soutenant les menuiseries sociales ou en créant des jardins partagés.

Les deux villes voisines veulent également insister sur l’alimentation saine. "Nous voulons surtout prouver que les produits sains, locaux et bio peuvent être accessibles à tout le monde", insiste-t-on dans les rangs communaux. "Et puis, c’est un chouette projet. C’est une nouvelle réjouissante pour la commune. Nous nous montrons réactifs", appuie Jean Fersini.

Le projet sera dévoilé officiellement dans les prochaines semaines par les deux communes. Il viendra s’ajouter à l’autre collaboration déjà menée entre Aiseau-Presles et Farciennes, dans le cadre de la lutte contre le radicalisme sur Internet, chez les jeunes.