Avec l’émergence du coronavirus en Europe, l’année 2020 restera partout marquée d’une pierre noire. Un chiffre le confirme à Charleroi : c’est l’augmentation de la mortalité. Comme l’explique l’échevin Mahmut Dogru chargé de l’état civil, "le nombre de décès a connu une hausse de plus de 25 % : on est passé de 2 818 en 2019 à 3 570, un excédent de 752 unités", pointe-t-il. Une donnée qui ne tient compte que des résidents carolos, pas des personnes des communes extérieures dont la mort a été déclarée dans un hôpital de l’entité. Dans le même temps, la ville a enregistré une perte d’habitants : au premier janvier dernier, la population en comptait 756 de moins qu’à la même date un an plus tôt. Et 756, cela correspond au surnombre de décès. Mais d’autres éléments sont venus affecter les statistiques démographiques.

Il y a d’abord les radiations qui consistent à rayer des registres les personnes dont l’adresse est fictive. "La rigueur des contrôles domiciliaires de notre zone police explique ce phénomène", avance l’échevin. "Quand des personnes qui déclarent vivre dans des logements séparés partagent la même habitation, j’en suis informé dans un rapport de visite. Le respect de la loi nous impose de régulariser : dans ces cas, c’est la radiation." Mahmut Dogru dit en proposer jusqu’à 50 ou 60 lors de collèges hebdomadaires. À la fin de l’année, ça chiffre forcément.

L’autre cause, c’est le gel des inscriptions de nouveaux habitants. Pandémie oblige, les vérifications sont retardées ce qui freine la procédure d’état civil. En 2018 et 2019, la balance démographique avait été largement favorable à Charleroi, avec un accroissement de la population de l’ordre de 1 500 unités. En 2020, la tendance s’est complètement inversée.

"Dans les cimetières communaux, la situation s’est régularisée", constate encore l’échevin. L’activité a aussi repris son cours normal au crématorium après des pics qui ont saturé l’infrastructure. "Nous sommes revenus dans des taux d’occupation autour de 65 %", indique Dogru, qui préside également le conseil d’administration. "Au plus fort de la pandémie, nous étions à 120 voire 130 %."