À 35 ans, Mathieu n’avait jamais été confronté à la police ou à la justice… Jusqu’au 23 septembre dernier. Ce jour-là, le trentenaire a comparu pour la première fois devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Sans filtre, Mathieu avait expliqué au tribunal ne plus être le même homme depuis deux ans, sombrant dans la consommation excessive d’alcool et dans une profonde dépression, à la suite de la perte de sa petite fille… "Vous savez, j’ai pensé au suicide. Mais pour passer à l’acte, il faut du courage et moi, je n’en ai pas."

En l’espace de trois mois, Mathieu se faisait remarquer de la plus mauvaise des manières. Le 13 décembre 2019, alors qu’il est pris en charge par un chauffeur de taxi, Mathieu n’est pas en mesure de payer l’intégralité de la course et s’emporte violemment sur le taximan. Lorsque la police intervient, Mathieu se rebelle, insulte les policiers et frappe une policière, d’un coup de poing dans le gilet pare-balles.

Le 4 mars 2020, Mathieu agresse gratuitement le pauvre Jean, 74 ans, qui attend à l’arrêt de bus à Charleroi. Le septuagénaire, sourd et muet, est victime de plusieurs coups de poing par Mathieu.

Rempli de honte, Mathieu avait admis avoir commis les faits, en précisant s’être repris en main depuis lors. "Je fréquente les alcooliques anonymes et je vois un psychologue."

Pour la substitute Pied, il était important pour Mathieu de continuer ses efforts. C’est pour cette raison, mais également compte tenu de l’absence de casier judiciaire, qu’une suspension probatoire du prononcé était proposée à Mathieu.

En fin d’audience, Mathieu avait spontanément présenté ses excuses à Jean, présent dans la salle. Ce mercredi, le tribunal lui a accordé une mesure de faveur. Mathieu devra s’appliquer, durant trois ans, à poursuivre ses efforts.