Dimitri Kennes admet l’existence de difficultés.

Après Télé MB à Mons Borinage, un autre feu social couve-t-il chez Télésambre ? Président du MR de l’arrondissement de Charleroi et député francophone, Philippe Knaepen dit toute son inquiétude à propos de l’avenir de la chaîne dont "le pronostic vital semble engagé".

En cause : les difficultés financières, qui touchent l’ensemble du secteur en Wallonie-Bruxelles, n’épargnent pas la télé communautaire de Charleroi Sud Hainaut.

Selon Knaepen, "le budget 2016 de la télévision pourrait être présenté avec un déficit de plus de 300.000 euros. Ce n’est pas la première fois que la situation se présente, les comptes sont dans le rouge depuis déjà deux ans. Jusqu’ici, les pertes d’exploitation avaient été compensées par un fonds de réserve, mais celui-ci est en nette diminution."

Dans le cadre du projet de rapprochement avec la RTBF, d’importants investissements technologiques sont prévus pour le siège de Médiasambre, en construction sur la place de la Digue.

Le député craint que la chaine ne soit pas en capacité de les soutenir financièrement, à hauteur de 2,5 millions. Réductions de personnel en perspective ?

Le président de Télésambre dément. Dimitri Kennes admet l’existence de difficultés, mais des pistes de solution existent, notamment à travers la recherche de synergies avec d’autres chaînes communautaires. "Nous pensons que ces économies d’échelle ne sont pas possibles avec la RTBF, qui n’opère pas dans le même créneau d’information que nous. Par contre, partager des moyens avec d’autres télés de proximité, mutualiser certaines tâches, cela est réaliste. C’est ce que nous voulons nous atteler à faire. Quant à l’état du fonds de réserve, il nous laisse un sursis de 3 à 4 années", assure-t-il.

C’est le message qu’avec les membres de son comité de gestion, il livrera aux travailleurs mardi prochain lors d’une assemblée générale du personnel. Télésambre n’en souffre pas moins de certaines anomalies : comme le dénonce la délégation syndicale, les cadres sont aussi nombreux que les journalistes, il y en a cinq.

À court terme , le départ à la pension du directeur financier Tom Galand pourrait apporter de la marge. À ce stade, la question ne se pose pas encore. Elle pourrait s’inviter rapidement dans le débat. Si Knaepen "appelle les forces vives à se mobiliser pour sauver l’outil", il ne pourra lui être reproché de s’y être pris… très tôt.