"Et si la Première Guerre Mondiale n'avait pas lieu?": Para Bellum, un jeu de société créé par un Carolo de 23 ans

Ivan Vlecken, 23 ans, a imaginé un jeu de cartes inspiré de l'Histoire, au début du XXe siècle, où des nations doivent choisir entre préserver la paix mondiale ou se lancer dans un conflit qui pourrait bien s'avérer sanglant et peut-être en amener d'autres.

"Et si la Première Guerre Mondiale n'avait pas lieu?": Para Bellum, un jeu de société créé par un Carolo de 23 ans
©van Kasteel

C'est à Gerpinnes qu'on a rencontré Ivan Vlecken. Sur la table de sa salle à manger, le jeune homme de 23 ans a préparé le prototype de son jeu : pour cette partie d'essai, on sera 4 joueurs. Mais ça peut se jouer de 3 à 6, il suffit d'adapter la mise en place.

Avec Para Bellum, on joue chacun une grande nation. On est quelques années avant la Première Guerre Mondiale: l'Empire Rose, la République Grise, la Bleue ou encore le Royaume Vert se regardent du coin de l'œil sur l'échiquier mondial. On est au début de l'industrialisation, de la mondialisation, et toute une série de changements dans le monde risquent à tout moment de le faire basculer dans un conflit sanglant. Va-t-on miser sur sa propre réussite, sans intervenir dans les conflits extérieurs? Va-t-on s'armer en cas d'apparition d'une guerre? Va-t-on collaborer pour tenter de préserver une paix qui ne veut pas tenir?

Une partie dure entre 30 minutes et une heure

La partie est rythmée, rapide. Tour à tour, les nations gagnent des ressources, peuvent tenter des actions locales ou internationales, lancer des projets ou s'armer. A chaque fois qu'un joueur a fini, un événement aléatoire survient, qui peut déstabiliser la paix. Le tout se joue avec plusieurs paquets de cartes et deux dés.

"Chaque nation a ses avantages et ses inconvénients. En tant que Royaume Vert, je peux lancer 2 dés pour tenter de réussir des actions militaires, un seul pour des actions politiques ou scientifiques, et aucun pour les économiques. Chaque "carte action" de ma main me permet d'augmenter mon total de points pour réussir à faire face aux événements aléatoires, d'aider un des pays voisins dans ses problèmes, ou au contraire de lui mettre des bâtons dans les roues.

Dès le début, la République Bleue décide de s'armer (une carte rouge, bien visible, dans sa "main"). Tous les autres pays ont les yeux rivés sur son stock de missiles. Personne n'agit pour l'instant. Dans l'Empire Rose, des scientifiques découvrent une nouvelle façon de faire le guerre en développant un gaz mortel: effrayés, ses dirigeants en appellent à l'aide internationale pour se débarrasser de cette nouvelle technologie qui risque d'échapper à leur contrôle. Le Royaume Vert envoie des aides, la République Grise en fait de même. La menace peut être écartée.

De fil en aiguille, le Royaume Vert finira par conclure une alliance avec la République Bleue. Les deux puissances militaires pourront s'allier en cas de conflit, la tension monte. Coup dur, après une révolte populaire, la République Bleue est très affaiblie. La République Grise tente d'en profiter pour lancer un grand projet dans les colonies, tandis que l'Empire Rose, déstabilisé, s'effondre. La guerre n'est plus loin. Il ne manque plus qu'une goutte pour faire déborder le vase."

La partie aura duré près de 30 minutes. C'était amusant et relativement simple une fois les règles de base intégrées. Il y a de nombreux clins d'œil à des événements historiques, qu'on pourra décider de rejouer ou de déjouer.

"Et si la Première Guerre Mondiale n'avait pas lieu?": Para Bellum, un jeu de société créé par un Carolo de 23 ans
©van Kasteel

Un crowdfunding pour lancer l'impression du jeu

Ivan Vlecken a construit le jeu de A à Z. C'est sa 8e version, et il a décidé de lancer un crowdfunding pour lancer l'impression de boîtes. "Je conçois des jeux depuis une dizaine d'années, ici j'avais l'intérêt d'un éditeur mais avec la Covid, tout est tombé à l'eau. Finalement, j'ai décidé en janvier dernier de me lancer à fond dedans. J'ai travaillé avec une illustratrice, Cynthia Hachim, pour les cartes. Para Bellum est quasi finalisé, au fil des retours d'amis, de proches, et de passionnés de jeux de société j'ajuste encore parfois l'une ou l'autre petite variable pour équilibrer le jeu", nous explique-t-il.

La motivation, derrière cette création, n'est pas pécuniaire : Ivan veut partager sa passion du jeu et pouvoir aller voir les éditeurs en leur disant "j'ai fait Para Bellum, qui s'est bien vendu, je suis sérieux et j'ai d'autres projets". Cynthia, elle, cherche à ajouter des lignes à son CV pour quand elle sortira de l'école, nous explique-t-on. Pareil pour Anton Romanova qui s'est chargé du site web, et Julien Provot qui a écrit la musique des vidéos promotionnelles. Une bande d'amis qui se sont rencontrés sur Internet, et qui jouent ensemble, à distance et plus rarement IRL (in real life), depuis de nombreuses années.

Tout est fait maison, même si le rendu du prototype est très professionnel: "on a trouvé un atelier d'impression en PrintEurope, en Alsace, quasi du local, pour éviter de faire appel à la Chine. Pour les prototypes, c'est à Nivelles que je suis allé. Tous les dessins sont de l'illustratrice, les logos ont été créés par des amis sur Discord, et moi j'ai créé le design des cartes et du jeu dans ma chambre, sur mon ordinateur. L'argent récolté sur Ulule servira principalement à payer l'impression des cartes, des manuels et des boîtes de jeu. La plateforme prend sa commission, bien sûr, et les frais de distribution, donc des cartons, des colis postaux, etc. prennent quasiment tout le reste du budget. Finalement, il restera quelques euros pour moi et mes amis, pour rembourser l'impression des prototypes, l'essence dépensée en allant à gauche à droite pour montrer le jeu et préparer sa sortie."

Pour participer, c'est surhttps://fr.ulule.com/parabellum/

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