L'avancée printanière des précédents jours, avec le beau temps, a envoyé un signal aux vignes qui ont commencé à bourgeonner. Mais les gelées qui ont suivi depuis représentent un danger pour les bourgeons qui commencent à éclore. Et c'est ceux-là qu'il faut protéger principalement.

Dès que les températures descendent sous les -1 degrés, il faut surveiller les vignes pour éviter que les bourgeons ne soient grillés par le froid. A la Portelette, c'est un impressionnant dispositif de bougies qui a été mis en place pour essayer au mieux de gérer les températures. Une trentaine de coopérateurs ont répondu présent à l'appel au secours des gérants, pour se lever pendant la nuit ou au petit matin, dans le froid, pour aider à maintenir les bougies allumées.

© Jérémy Evrard

Une bougie brûle 8 à 10 heures, et il faut une fameuse organisation pour garder une diffusion de chaleur homogène: la nuit, une équipe surveille le vignoble en rallumant ou remplaçant les bougies quand nécessaire, tout en surveillant les températures, et la journée une autre équipe prend le relais pour se préparer pour la nuit d'après. "C'était la cinquième nuit qu'on intervenait", raconte Sophie Dupont. "Dans notre vignoble, il fait particulièrement froid, ce qui ne nous facilite pas la tâche. On a dû agir trois nuits la semaine passée, deux cette semaine."

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La solidarité et les images sont impressionnantes, mais est-ce que ça fonctionne? "Le Muscaris, qui est un cépage précoce, a le plus dégusté: les bourgeons sont endommagés sur le dessus des vignes, on a taillé assez haut pour permettre à des bourgeons plus bas de reprendre. Mais il est encore un peu tôt pour voir l'ampleur des dégâts. L'intervention des bougies, ça aide", nous répond-on. "Pour rappel, on a planté en 2018, 2019 et 2020, mais ici on surveille les vignes plus âgées, sur 1,5 Ha avec trois cépages, parce que ce sont les plus fructifères et celles sur lesquelles on compte pour notre vin. Les autres sont laissées tranquille cette année, le temps qu'elles développent des racines."

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