Le 30 juin dernier, le petit village de Hantes-Wihéries a plongé dans l'horreur. Julie L., une enseignante sans histoire et appréciée dans le quartier, a commis l'irréparable en tuant Orphée et Cérès au domicile familial de la rue du Jeu de Balle, deux de ses enfants âgés respectivement de deux et sept ans.

Thibald, l’aîné de la fratrie, 9 ans, avait quant à lui survécu aux blessures provoquées par sa mère. Le mari et père de famille avait découvert la scène d'horreur en rentrant de sa journée de travail. Son épouse venait de poignarder Thibald et Cérès avant d'étouffer le petit Orphée. Après avoir commis l'irréparable, Julie L. avait tenté de mettre fin à ses jours en se tailladant les veines et en se plongeant dans un bain.

En décembre dernier, une expertise mentale avait été sollicitée pour déterminer si la mère de famille était ou non atteinte d’un trouble mental lorsqu’elle a commis l’irréparable. Trois experts se sont penchés sur l’état mental de Julie L. avant de rendre un rapport d’expertise qui a jugé cette dernière irresponsable de ses actes. "Elle était atteinte d’un trouble mental au moment des faits et lors de son expertise", confirmait Sandrine Vairon, procureure de division de Charleroi.

Suite à ce rapport d’expertise, Julie L. devrait échapper aux poursuites pénales et à un procès devant la Cour d’assises. Dans ce genre de cas, un internement est généralement proposé. C’est en tout cas ce que le ministère public suggère pour la mère de famille. "Un réquisitoire d’internement vient d’être déposé dans le dossier pour double assassinat et tentative d’assassinat." Pour permettre à la partie civile et à la défense d’en prendre connaissance, la comparution bimestrielle de Julie L. devant la chambre du conseil de Charleroi a été reportée au 27 avril prochain. Les débats devraient se focaliser sur ce réquisitoire d’internement.

"Cette mesure d’internement et de soins médicaux dépendra de la chambre de protection sociale et du tribunal d’application des peines (TAP). Cette chambre devra juger du type de soin à fournir à Julie L. et dans quelle mesure, avec un placement en centre fermé ou non", précisait la procureure de division en février dernier.

La défense doit proposer ce qui correspondrait le mieux à l'inculpée.