Ce lundi, les commerces non essentiels français pourront à nouveau rouvrir leurs portes aux clients.

A Erquelinnes, commune frontalière, on est à nouveau sur le qui-vive comme à chaque fois que le chef du gouvernement français prononce une allocution. Dans la dernière, Emmanuel Macron autorise l'ouverture de certains commerces qui, en Belgique, ne sont pas encore ouverts.

Face à ces différences, certains pourraient se sentir pousser vers le pays voisin pour y faire des courses où s'y promener. Mais cela est-il possible?

Contacté, le bourgmestre David Lavaux (Cdh), préconise la plus grande prudence. "Oui les commerces seront ouverts et beaucoup même d'Erquelinnes peuvent avoir l'idée de franchir la frontière pour aller dans les magasins, mais j'aimerais attirer l'attention des citoyens belges - ou résidant en Belgique - sur le fait qu'il faut un document pour aller en France. Il n'est pas possible d'y aller juste pour suivre une envie."

En effet, pour traverser la frontière, il faut montrer patte blanche. Soit s'y rendre pour raisons professionnelles soit pour raisons familiales. Il est obligatoire d'avoir sur soi le document stipulant la raison. "Depuis le temps, les Erquelinnois le savent mais je souhaite prévenir ceux qui voudraient venir de plus loin. Ce n'est pas possible, ni aussi simple que cela, et la police française veille." Preuve de ces contrôles, certains Erquelinnois s'en sortent avec une réprimande des forces de l'ordre françaises, car ils ont coupé par le territoire français pour gagner quelques minutes lors d'un trajet.

Outre les mouvements de foule éventuels, David Lavaux invite ses concitoyens à respecter l'ensemble de mesures encore d'actualité et ne pas céder à l'appel des magasins ouverts. Conscient d'un certain sentiment de concurrence déloyale avec l'ouverture des commerces français, le bourgmestre souhaite que les instances concernées réfléchissent à un assouplissement des règles afin que les communes comme Erquelinnes ne voient filer ses habitants de l'autre côté de la frontière.