Fabienne a perdu toute confiance en elle depuis deux ans. Elle se sent humiliée et honteuse d’être tombée dans le piège tendu par Adeniyi. Ce dernier, d’origine africaine, a travesti son identité pour se faire passer pour un soldat de l’armée américaine sur le réseau social Instagram.

En 2018, Fabienne pense faire la connaissance d’un certain "Simon Théodore" sur Instagram. Rapidement, les deux personnes échangent de nombreux messages et des sentiments forts naissent entre Fabienne et ce fameux Simon. Ce dernier prétend être un soldat déployé en Afghanistan. Fabienne tombe amoureuse. Pour encore plus attendrir Fabienne, le fameux Simon évoque sa petite fille, restée au pays et gravement malade.

Pour retourner aux États-Unis, Simon sollicite l’aide de Fabienne. Malgré ses difficultés financières, elle accepte et contracte, en deux mois, deux crédits bancaires d’un montant total de 14.000 euros. Au total, Fabienne envoie 15.225 euros via cinq versements à son amoureux… Mais en octobre, le doute s’installe chez Fabienne et le conte de fées prend fin. Et pour cause. "Elle a reçu, par erreur, une photo du prévenu montrant une partie de ses jambes de couleurs noires", explique la partie civile. Tout le contraire de la description qu'elle avait de Simon. Une plainte est finalement déposée à la police.

Ce jeudi, Fabienne est apparue, devant le tribunal, plus meurtrie que jamais par les événements. "Je souhaite qu’il paye pour ce qu’il a fait. Moralement, je suis très mal. Il m’a bien lavé le cerveau. Je ne comprends pas comment j’ai pu être naïve et me faire avoir", explique la pauvre femme, les larmes aux yeux.

La substitute Marr souhaite sanctionner le comportement d’Adeniyi avec une peine de 12 mois de prison ferme. Ce dernier a expliqué avoir autant d’argent sur ses comptes bancaires grâce à l’export de véhicule vers l’Afrique. "Mais ce n’est pas crédible. S’il achète des voitures, il ne doit pas recevoir de l’argent, mais le verser."

Fabienne, elle, souhaite mettre en garde sur ce genre de pratiques, fortement répandue sur les réseaux sociaux. "Je ne veux pas que ça arrive à une autre personne." 

Jugement pour le 10 décembre prochain.