Il est rare de voir un dossier avec des infractions pénales commises au sein d'une prison être évoqué devant un tribunal correctionnel. Sauf pour Romanof, qui semble être en quelque sorte l'exception à la règle. Le 8 janvier 2019, ce dernier a non seulement commis une rébellion sur un gardien de la prison, mais détenait également sur lui un petit sachet de cannabis, probablement reçu quelques instants avant lors d'une visite.

Si la détention du petit sachet jeté au sol à la vue des policiers et du gardien n'est pas contestée, la rébellion l'est. Pourtant, la version fournie par le prévenu est radicalement opposée à celle fournie dans le dossier. « J'étais dans ma cellule et mon téléphone devait être saisi dans le cadre d'une enquête. Le gardien est entré dans la cellule et m'a dit qu'il voulait mon téléphone. Je lui ai dit de s'écarter un peu, car il était très proche de moi. Dès que le téléphone était visible, il a sauté sur moi. Je n'ai pas commis de rébellion », prétend Romanof.

Vous oubliez les insultes ?

Immédiatement après avoir écouté les explications du prévenu, la présidente Jadin lui a fait la lecture de la version des faits rapportée par le gardien et les policiers. « Ce n'est pas la même version. Le gardien dit que vous l'avez poussé vers l'arrière, que vous lui avez maintenu les deux avant-bras sans oublier les insultes et les menaces. Il dit aussi que vous avez brisé votre téléphone sur l'un des montants du lit. » Réponse de Romanof : « Oui, c'est vrai. J'ai oublié de vous dire que j'ai cassé le téléphone parce qu'il y avait des photos intimes dedans. » « Vous oubliez aussi les insultes », rétorque la présidente.

Aujourd'hui, Romanof prétend être un autre homme, qui s'est définitivement rangé sur le droit chemin et éloigné des ennuis judiciaires. Ce qui réjouit le parquet, qui ne s'oppose pas à une mesure de faveur avec une peine de 18 mois de prison.

Le prévenu propose une peine de travail, pour échapper à la prison. Jugement pour le 30 mai.