"On ne nous a pas concertés, mais on va donner quand même notre avis." Après avoir longtemps vécu en opposition pour ne pas dire en guerre autour des projets concurrents de dédoublement de la N5 au sud de Charleroi, les comités de quartier de Gerpinnes et Ham-sur-Heure/Nalinnes ont resserré les rangs. C’est désormais ensemble - unis - qu’ils se présentent. Objet de leur rapprochement: la création du Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), appelé à désengorger la N5 jusqu’au rond-point Ma Campagne à Gerpinnes. 

"A ce stade, nous jugeons le projet incomplet. Notre intention n’est pas de le mettre à la poubelle, affirment les collectifs regroupés. Nous demandons au contraire à nos autorités d’être plus ambitieux, d’apporter des solutions aux besoins de nos populations en sortant du carolo-centrisme. Car après tout, les 167 millions d’investissements que la Wallonie se prépare à débourser sont aussi financés par nous." 

Cinq comités portent collectivement ce message, relayé par voie de toutes boites à Gerpinnes et Ham-sur-Heure/Nalinnes : les comités du Try d’Haies-Chéniat-Ferrée, du Bultia, du Louvroy, des Morlères/Saint Hubert et de Fromont. 

Pour avoir analysé le nombre de bus jusqu’à Somzée, ils affirment que le BHNS n’améliorera pas l’offre de transport en commun là où elle fait défaut. Dix bus par heure circulent entre le centre-ville et les Quatre bras de Couillet, ils ne sont plus que sept jusqu’au Viaduc de Couillet puis trois vers Ma Campagne, deux au-delà (jusqu’au Bultia) et seulement un après vers et depuis Somzée. 

"Du coup, le BHNS ne règle aucun problème", selon Jacques Gillain du comité du Bultia. Loin d’améliorer la mobilité, il ne va faire qu’ajouter de la pression au trafic existant : 40.000 véhicules traversent quotidiennement le rond-point Ma Campagne dont un quart de camions. L’accès au R3 par Loverval étant interdit aux plus de 3,5 tonnes, les convois les plus lourds n’ont pas d’autre choix que de poursuivre leur route vers Charleroi en descendant sur Couillet. 

"C’est totalement incompatible avec la logique d’aménagement d’un boulevard urbain", ajoute la présidente du comité de Try d’Haies Letizia Piret-Corona. Elle craint un effet de ruissellement de la circulation par les quartiers secondaires. Enfin, le projet ne favorise pas la vitalité commerciale, une pétition l’a dénoncé, à l’appui de 150 signatures de commerçants du Bultia. "Et il ne rencontre pas non plus les ambitions climatiques". Bref il doit être retravaillé.