Thudinie – Gerpinnes

La ville est condamnée à payer 788 203, 95 euros.

Récemment, on a beaucoup entendu parler du dossier Dieudonné/ville de Thuin. Il y a quelques semaines, la ville a dû débourser 788 203, 95 euros à Daniel Dieudonné pour une affaire qui a commencé en 1997 et qui a continué jusqu’à aujourd’hui. Mais que s’est-il réellement passé ? Comment la ville en est-elle arrivée là ?

En 1991, Daniel Dieudonné arrive à Thuin comme brigadier. Il sait que la place de commissaire de police sera bientôt ouverte. En 95, la place de commissaire est ouverte. Les problèmes commencent à ce moment-là. Daniel Dieudonné postule : “j’avais à peine postulé que les plaintes sur moi arrivaient en nombre.” Plusieurs plaintes contre lui sont déposées, des lettres anonymes également. “Mais les lettres, avaient la même structure que celui d’un policier.”

En 97, les candidatures avancent seulement, trois candidats sont retenus : Wouters, Dieudonné et Mary. Ducarme, bourgmestre à l’époque rédige alors l’avis motivé des trois candidats au conseil communal. Wouters devient le candidat préféré malgré ses carences en orthographe. Mary est deuxième et Dieudonné est évincé. “Il dit qu’il invite les membres du conseil communal à ne pas retenir ma candidature. Mais il ne peut pas dire ça.” Le dossier remis aux conseillers étant incomplet, plusieurs recours se suivent.

“Et là, on me dit qu’il s’est passé quelque chose mais rien de plus. J’épluche alors tous les pv. J’apprends alors qu’un faux pv a été rédigé par Vinet et signé par Wouters, pour Simone Genaux, l’ex femme de Ducarme. Elle n’était pas en ordre de contrôle technique ni d’assurance.” Daniel Dieudonné dénonce le faux pv. Ca met 3 ans pour enquêter sur ce faux pv, là il est découvert que d’autres infractions existent. Cinq policiers sont envoyés en correctionnel.

L’histoire se poursuit, le 20 septembre 2004, le tribunal prononce un acquittement quasi général. Dieudonné va en appel à Mons. Le 17 avril 2005, Wouters est condamné pour violation du secret professionnel et prise d’intérêt. Vinet est condamné pour dénonciation calomnieuse. Quant à la ville, elle est condamnée comme civilement responsable des actes commis par son personnel. Il est demandé à la ville de Thuin de déposer toutes les pièces pour calculer le préjudice (la perte de traitement entre les 2 grades). Wouters et Vinet vont en cassation. “Tous les actes ont été commis pour m’empêcher d’avoir le poste.”

La ville ne réagit, se poursuit donc de nouvelles procédures : cours d’appel, cour de cassation à Liège et Bruxelles, etc. Aujourd’hui, une partie du dossier se termine : la ville doit indemniser Daniel Dieudonné de 788 203,95 euros. “Le montant indiqué est plus élevé que ce qu’il devait y avoir. Il y a six ans et 25 jours de retard, car Paul Furlan, bourgmestre à cette période-là, n’a jamais remis les pièces. La ville aurait payé moins cher si elle avait remis les pièces en 2006.”

Le dossier n’est tout de même pas terminé, le cas VInet commencera le 10 octobre 2019.