C'est avec ras-le-bol d'être un "oublié du covid" et de ne pas avoir pu faire tourner son business de location de salles depuis le 15 mars que nous a contacté Emmanuel Panoussis.

Le propriétaire du Prestige (Gozée), le Petit Versailles (Gosselies), le Naos (Abbaye d'Aulne à Thuin) et du Clos du Marmiton (Couillet) n'en peut plus. "Soit il faut tout arrêter et se confiner pour une seconde vague, soit il faut laisser les mêmes chances à tout le monde. Mais je n'en peux plus, je suis au bout : encore un client m'a annoncé qu'il annulait sa réservation suite à la restriction de 10 personnes dans les réceptions. A la place, ils iront à 50, mais chacun dans leur bulle propre, au même restaurant. J'aurais bien fait pareil, si j'en avais le droit... mais non, je suis limité à 10 personnes. Point, nada, rien de plus."

Et dans son secteur, il dit qu'il survit à peine : "toute la saison est déjà fichue, on n'aura en fait pas de rentrées pour 2020, en gros... à part les 5000€ d'aides, super. Mes six employés sont en chômage technique, je n'ai pu engager aucun intérimaire alors que je tourne à 70-100 sur l'année d'habitude. Mes loyers, mes investissements, ils courent hein. Oui je ne dois pas les payer maintenant, ils sont gelés, mais faut pas croire qu'on ne va jamais devoir les payer, ça va finir par revenir. Ca s'accumule dans un coin, et à un moment la somme va finir par être impayable."

Son coup de gueule, il l'adresse principalement aux décideurs politiques : "il faut bien comprendre qu'on est pieds et poings liés par ces nouvelles mesures : on ne m'oblige pas à fermer, donc on ne me donnera pas d'aide supplémentaire, mais on restreint mon activité - comme les mariages - à 10 personnes maximum, ce qui fait que personne ne veut ni louer une salle, ni même organsier son mariage. Je suis donc obligé de fermer dans les faits, mais sans aucune aide derrière."

Pourtant, d'après lui, des solutions plus justes, il y en a : "comme je le disais, soit on ferme tout, partout, y compris restaurants, soit on m'autorise à accueillir plus de 10 personnes. Parce que nos salles, elles sont très grandes, bien plus grandes que la plupart des restaurants. On a déjà limité à 50 le nombre de gens qui peuvent venir simultanément, on peut très bien imaginer - comme dans les restaurants - qu'on nous autorise à faire venir les gens chacun dans leur bulle, en séparant les groupes d'un mètre cinquante au moins. Et s'il faut interdire la piste de danse, on peut imaginer interdire la piste de danse, pas de problème. Mais la situation comme elle est actuellement est tout simplement intenable... je ne sais pas comment on va s'en sortir."