À 57 ans, Bouziane a une vie bien rangée, totalement éloignée des ennuis judiciaires. Chauffeur livreur, Bouziane se démène au volant de son camion, accomplissant de longues journées de travail. À cause de son travail, le quinquagénaire n’est pas disponible à n’importe quelle heure. Problème, Bouziane et son épouse viennent de s’offrir un matelas et choisissent de se le faire livrer par l’enseigne. Le couple insiste pour être prévenu une demi-heure avant la livraison afin d’être présent à la maison pour réceptionner l’article. "C’est de grosses contraintes ces horaires proposés où l’on doit rester à la maison. Ce n’est pas évident pour mon épouse et moi vu nos horaires respectifs ", explique Bouziane.

Alors que la date de livraison est fixée depuis l’achat lors des soldes d’hiver en janvier 2019, Bouziane s’énerve lorsqu’il est informé du report de la livraison. Illico, il appelle Pierre-Yves pour lui dire sa manière de penser. Mais le vendeur l’envoie balader, ne se préoccupant pas des soucis d’organisation de Bouziane. Le 15 février 2019, Bouziane débarque dans le magasin, à Gerpinnes. D’après lui, Pierre-Yves s’est directement montré menaçant. "Il est arrivé vers moi avec ses poings. Je l’ai repoussé et il m’a repoussé. Je suis tombé en arrière, atterrissant sur un matelas. " Pour la substitute Marr, c’est bel et bien Bouziane qui s’est montré menaçant. "Il a menacé la victime au téléphone avant de venir au magasin et de passer derrière le comptoir."

La scène se termine sur un coup de poing asséné à Pierre-Yves, lui provoquant une triple fracture du nez. "Je n’ai fait que me défendre", jure Bouziane. Pour le ministère public, la thèse de la provocation de la part de Pierre-Yves ne peut s’appliquer pour expliquer la violente réaction de Bouziane. 

Vu l’absence d’antécédent correctionnel, une peine de travail autonome est requise pour sanctionner les faits. Jugement attendu pour le jeudi 15 octobre.