Pourtant le dossier comporte plusieurs dizaines de plaintes et plusieurs centaines de messages. Mais Thierry n’en démord pas. Il n’a pas harcelé Florence et Gwendoline, il a simplement voulu obtenir des nouvelles et des informations qu’on empêchait de lui donner.

C’est surtout la triste histoire d’une famille qui se déchire et qui se retrouve divisée depuis la séparation survenue entre Florence et Thierry en juillet 2017. Au retour des vacances, Florence prend son courage à deux mains et quitte le domicile familial, dans la région de Thuin, lassée du comportement violent de son futur ex-mari.

Et c’est à ce moment-là que le calvaire de Florence débute. Elle reçoit de nombreux messages et appels de son ex. Ce dernier se planque même devant le domicile du couple qu’il a été contraint de quitter à la suite d’une décision judiciaire. Il suit Florence dans ses moindres déplacements. Il regrette même que Florence s’en sorte sans gravité à la suite d’un accident de la route. « Ma connasse de femme a eu un accident, dommage qu’elle soit encore vivante », envoie Thierry à un ami.

Quasiment un an après la séparation, Thierry voit rouge lorsqu’il apprend que Florence a refait sa vie avec son nouveau compagnon. « Reste débile comme ton affreux boiteux. Tu vas voir de quel bois je me chauffe. Tu peux changer de numéro et d’adresse, je mettrais deux jours pour tout retrouver. »

Comme si cela ne suffisait pas, les deux enfants du couple ne sont pas épargnés par le comportement de leur père. Surtout Gwendoline, qui a suivi sa mère dans sa nouvelle vie. Elle aussi reçoit des SMS insistants de son père. « Il me suivait à mon travail. J’ai dû changer de boulot et de numéro de téléphone », explique la jeune femme au tribunal. Aujourd’hui, Gwendoline précise ne plus subir le comportement de son père. « Le harcèlement s’est arrêté, car il n’a pas trouvé mon nouveau numéro et mon nouveau travail. »

Le fiston du couple, absent à l’audience, a notamment reçu un SMS des plus inquiétants de son père à cause de ses mauvais résultats scolaires. « Cherche sniper pour double mission. » Le substitut Bouilliez est évidemment inquiet du comportement de Thierry. D’autant plus que Thierry aurait dû comprendre ce que signifie un harcèlement en 2010. Au mois de février de cette année-là, Thierry a été condamné pour des faits de même nature.

Mais dix ans plus tard, la leçon n’a toujours pas été retenue par Thierry. Face au juge Schretter, le ton monte lorsque Thierry tente de justifier son comportement. Non, il n’a pas harcelé Florence et Gwendoline. « Si j’ai agi ainsi, c’est parce que je n’avais pas de nouvelles de mes proches ou on ne me donnait pas d’informations, pour l’école par exemple. Il y a eu certains messages plus révolutionnaires », admet à demi-mot le prévenu.

Une peine de deux ans de prison avec un sursis probatoire est requise pour sanctionner l’attitude de Thierry. L’absence de contact avec son ex-épouse et sa fille est vivement conseillée. Jugement pour le 4 novembre prochain.