Charleroi Avec Top Women, deux Carolos réalisent leur rêve dans un concours décidément très moderne.

Elles s’appellent Caroline Henin et Palmira Furma. Elles ont 39 et 38 ans. Elles viennent de Châtelineau et de Presles. L’une est maigre, avec ses 35 kg pour 1,48 m, l’autre a longtemps eu du mal à assumer ses rondeurs. Elles sont toutes les deux des "top women" pour le concours de miss du même nom.

Loin des clichés habituels, des stéréotypes de miss et des diktats de la mode, les deux Carolos se sont inscrites à ce concours un peu hors norme, qui veut mettre en avant les femmes. Point. Peu importe leur âge, leur poids, leurs handicaps, maladies ou traces de maternité.

"C’est l’aspect rondeur qui m’a longtemps gênée", explique Palmira Furma, qui travaille dans le social. "Je me suis inscrite sans me prendre la tête, parce que je rêvais d’être miss depuis que je suis toute petite. Sauf que je suis ronde depuis mes 6 ans. J’ai été harcelée à l’école, j’ai enchaîné les régimes, sans succès. Et un jour, je me suis dit : ‘Stop, je ne suis pas la seule ronde.’ Et aujourd’hui, je dis merci à ceux qui m’ont rabaissée. Grâce à eux, je suis plus forte et je peux m’affirmer. Bon, là, je ne suis pas encore à 100 %, mais la volonté d’y arriver, je l’ai. C’est pour ça que je me suis inscrite à Top Women, c’est une grande chance de pouvoir participer à ce concours."

Écho similaire du côté de Caroline Henin, ancien modèle qui a arrêté lorsque, un jour, elle n’a plus réussi à se regarder dans un miroir. Leurs histoires n’ont pas grand-chose en commun, et pourtant, elles partagent un point commun extrêmement important : celui du regard qu’on porte sur soi, et donc sur son propre corps. Et, malheureusement, le regard que porte la société sur elles, aussi. "Je fais 1,48 m et 35 kg. Je suis étiquetée anorexique directement, alors que je mange beaucoup. Mon parcours n’a pas été facile…" Elle continue : "Je suis atteinte d’une maladie inconnue, l’endométriose, qui attaque les organes féminins, sans traitement pour l’instant alors que c’est un mal qui touche pas mal de femmes. C’est ma petite fille de 10 ans qui m’a dit : ‘Mais maman, il faut t’inscrire.’ Et elle avait raison. Même si ça s’arrête pour moi en demi-finale, j’ai déjà gagné énormément."

Les deux femmes iront défiler le 23 février à Ath avec une centaine d’autres venues d’un peu partout en Belgique. Après la demi-finale, elles ne seront plus que 40. "Le but, c’est de montrer qui on est vraiment. On a toutes eu un parcours de vie compliqué. Et on sera jugées sur notre sourire, le dépassement de soi, de comment on se met en avant et la façon dont on assume notre corps, peu importe la tenue."

Et ça fonctionne, d’après Caroline et Palmira : "Le physique, c’est la première chose qu’on voit. Et j’arrive maintenant à publier des photos de moi sur les réseaux sociaux sans avoir peur des ‘on dit’, je suis comme je suis. Le concours m’a énormément aidée, et il faut faire passer ce message : n’ayez pas peur qu’on voit vos rides, vos cernes, un os qui dépasse, une cicatrice. Soyez heureuses, soyez belles."


"Une aventure ouverte à toutes les femmes de 18 à 65 ans"

Elles étaient plus de 1 000 candidates à s’être inscrites sur le site www.topwomen.be et 350 à avoir passé les quarts de finale. Caroline et Palmira font partie des 108 toujours dans le jeu, et il n’en restera que 40 pour la grande finale. "On est nombreuses à vouloir reprendre confiance, une confiance qu’on a perdue à la suite de la méchanceté des gens", s’expriment les deux Carolos. C’est l’organisatrice, Nathalie De Reuck, et sa fille Maylis qui sont à l’origine du concours féminin 100 % sans stéréotypes. Et elles ont réussi à convaincre David Jeanmotte (notamment Miss Belgique et Sans Chichis sur la RTBF) à devenir parrain du défilé.

Durant quasi un an (uniquement les week-ends, c’est ouvert à toutes on vous dit), les candidates ont enchaîné ateliers bien-être, conférences sur l’estime de soi, séances maquillage et habillage, pour finalement préparer un grand défilé de demi-finale le 23 février prochain. Il y en aura 4 : en tenue de ville, en tenue libre, tout en noir et en lingerie/bikini/maillot (au choix). Les gagnantes seront choisies par vote du public (dans la salle et par SMS) et par le jury. "Ils cherchent la femme qui va pouvoir montrer aux autres que tout est possible. Peu importe ce qu’on a vécu, on peut être belle et fière."