"Je n’ai rien à voir dans cette histoire." Voilà ce qu’a à dire Mustapha pour se défendre sur le vol avec effraction commis la nuit du 17 au 18 mai 2017. La cible ? Une célèbre boulangerie de la région, réputée pour ses tartes au riz. La recette des trois dernières semaines (18.000 euros), planquée dans des sachets à pain, a été emportée par deux voleurs, qui se sont introduits en forçant la porte de la cave.

Plusieurs éléments contre Mustapha

Lors de son réquisitoire, le parquet n’a pas manqué d’épingler l’attitude du prévenu, suspecté de faire preuve d’une « certaine mauvaise foi » devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Notamment, parce que le dossier comporte plusieurs éléments qui le désignent comme l’un des auteurs de ce vol audacieux.

Tout d’abord, le véhicule Ford Focus utilisé par les voleurs appartient à un certain Grégory. Ce dernier n’est pas un inconnu de la justice pour plusieurs faits de grand banditisme. Et il s’avère que Grégory se trouvait en prison au moment des faits. Mais il avait donné son véhicule à Mustapha, "pour y faire quelques réparations".

Lorsque Mustapha a été interpellé par les forces de l’ordre, il était bien au volant de ce véhicule. "Et il a, dans un premier temps, déclaré ne pas avoir prêté la voiture à une autre personne. Avant de changer de version dès qu’on l’a averti que le véhicule avait été vu par un témoin lors du vol", précise la substitute Dutrifoy.

Second détail à charge du prévenu : la présence de trois sachets à pain dans le véhicule, mais aussi de cache-col, de gants et d’un tournevis. Un riverain, qui a vu les deux auteurs et la voiture à la boulangerie, a également reconnu Mustapha à 90% sur un panel-photo… Le troisième élément concerne le train de vie mené par le prévenu juste après les faits. "On a retrouvé sur son lit plusieurs factures pour l’achat d’un GSM, d’ordinateur portable et d’une tondeuse. Les factures datent du lendemain des faits et il affirme qu’il s’agit d’argent obtenu pour son anniversaire un mois plus tôt."

Le passé judiciaire de Mustapha ne plaide pas non plus en sa faveur puisqu’il est loin d’être un inconnu depuis 1993 et notamment pour des faits de vols. Une peine de 2 ans de prison a été requise. Jugement le 18 octobre.