Le 28 janvier 2019 en début d’après-midi, dans un quartier huppé de Bruxelles, un retraité se dirige vers sa Porsche Panamera garée sur le parking de son immeuble. Au moment où il ouvre la portière, il est mis en joue par un braqueur qui le menace et qui obtient immédiatement la clé du véhicule. Le gangster confisque le téléphone de la victime et quitte le parking en trombe. Cependant, l’épouse du retraité a vu la scène depuis son balcon et a fait appel à la police.

En quelques minutes, les agents sont là et, sirène hurlante, ils se lancent à la poursuite du car-jacker qui est coincé dans des embouteillages. Il prend un sens unique, brûle les feux et roule sur les trottoirs mais, pas de chance pour lui, il s’engage dans une impasse. La poursuite continue à pied et il est finalement maîtrisé par les policiers qui ont été appuyés par des renforts.

Une Audi R8 repeinte

Jacky D., 36 ans, refuse de répondre à la moindre question et est mis au secret. Son téléphone est analysé et une perquisition s’opère à son domicile, à Bruxelles toujours. Tout y est fouillé mais rien de suspect n’est décelé. C’est son ordinateur qui va parler. Il y est observé que, chaque mois, il verse un loyer de quelque 2500 € à quelqu’un qui pourrait être un propriétaire, mais de quoi ? Les agents filent vers ce propriétaire présumé. Ce dernier déclare honnêtement et sans difficulté qu’il loue un hangar, près du canal Bruxelles-Charleroi, depuis 2 ans environ, sans savoir ce qu’il s’y trame.

Les enquêteurs décident d’attendre le lendemain pour agir. Au petit matin, ils sont en surveillance près de l’entrepôt. Entre 9 et 10 h, deux hommes s’y présentent. Peu après 11h, les agents interviennent. Ils entrent de force dans le bâtiment dont la porte est verrouillée et ils découvrent le spectacle : deux mécaniciens en plein boulot pour repeindre une Audi R8, dont le numéro de châssis a été refrappé. Elle a donc été volée, c’est évident. Dans le même hangar trône un autre bolide, qui se révélera avoir été volé lui aussi. Le duo est embarqué.

"Attends livraison"

Pendant ce temps-là, au siège de la police, le téléphone de Jacky D. a reçu un SMS : "Attends livraison". Le propriétaire du numéro appelant est facilement identifié. Il s’agit d’un garagiste carolo. Même scénario, même méthode. Le lendemain, à l’heure du laitier, les hommes de loi sont en position, autour du garage suspect, dans la région de Charleroi. Et le même scénario se reproduit : deux gars sont surpris occupés à maquiller une Porsche qui se révélera avoir été volée. Ils sont associés dans la société qui gère la vente et l’achat de véhicules.

Bref, ce sont cinq prévenus qui se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel de la capitale. Les deux bricoleurs bruxellois avaient des antécédents de recel et ils ont écopé de 5 ans secs chacun. Le car-jacker en a pris pour 7 ans ferme et les deux Carolos pour 4 ans, sans davantage de sursis. Tous ont décidé de faire appel.

La Cour vient de trancher : le duo de Charleroi a dégusté 3 ans secs chacun, les Bruxellois 4 ans sans sursis et la peine du braqueur est descendue à 6 ans ferme.