Une expérience pilote de 3 ans est lancée en Wallonie : les villes et communes pourront aller puiser dans un subside de 4,35 millions d'euros prévu par la Région pour financer la réduction du temps de travail, pour les agents communaux (niveaux D et E) de plus de 60 ans et dont les tâches sont considérées comme "pénibles".

C'est le député régional Maxime Hardy (PS) qui a mis le doigt sur la question. Il a interpellé le ministre des Pouvoirs Locaux, Christophe Collignon, sur l'aménagement des fins de carrière. "Des études ont mis en évidence l'influence de différents facteurs sur les fins de carrière, et le peu d'outils à la disposition des employeurs pour les aménager tout en maintenant le niveau de productivité", indique le ministre dans sa réponse. 

Si la notion de pénibilité doit être, selon le gouvernement, définie par la ville ou commune directement, elle peut s'inspirer des critères fédéraux discutés en 2018 (travail physique lourd, organisation de travail pesante comme le travail de nuit, risques de sécurité, charge mentale ou émotionnelle, etc.). L'avantage est que le personnel "fatigué" pourrait passer en 4/5e, en conservant un salaire "temps plein", et ainsi permettre une embauche compensatoire de plus jeunes qui se formeront aux différents métiers. 

Charleroi et Thuin font partie des rares communes à avoir déjà commencé, sur fonds propres, à mettre en place ce type de modèle. La mesure a un coût de 600.000€ à Charleroi, et les subsides régionaux seront donc plus que les bienvenus. "Et on peut se réjouir que ce mécanisme puisse désormais se faire dans d'autres communes aussi grâce aux subsides", souligne Maxime Hardy. "Si dans les trois ans, l'analyse de ce projet pilote peut montrer qu'il y a un vrai bénéfice à ce type d'aménagement de carrière notamment sur l'absentéisme, ça pourrait aussi couler sur le privé."