Charleroi

Un "gourou" de cette pratique est poursuivi pour exercice illégal de la médecine.


Domizzio Danieli avait 52 ans lorsqu’il est décédé d’une tumeur au cerveau. Durant la phase terminale de sa maladie, décelée en octobre 2012, ce Carolo a refusé la biopsie cérébrale et toute forme de chimiothérapie.

Selon le fils du défunt, cette attitude n’est pas étrangère à Didier F., un "gourou" de la biologie totale, une théorie qui prétend que toutes les maladies sont causées par des problèmes psychologiques et qu’elles peuvent être soignées sans traitement médical. Dans les derniers moments de sa vie, Domizzio était effectivement en contact avec Didier F. Qu'il connaissait depuis plusieurs années. Et ce serait sous ses conseils psychothérapeutiques qu'il aurait renoncer aux traitements médicaux classiques.

Lorsque Domizzio est décédé, ses enfants ont constaté qu'il les avait déshérités au profit de sa compagne, Nancy, et que les biens immobiliers qu'il possédait en Italie et en Grèce leur échappaient. Persuadés qu'on a profité de la faiblesse de leur papa pour modifier son testament, ceux-ci ont déposé plainte contre Nancy et Didier F.. Si la première a été blanchie par la chambre des mises en accusation de Mons, le chantre de la biologie totale a quant à lui été renvoyé en correctionnelle pour exercice illégal de la médecine.

Ce jeudi, Me Mevlut Turk, qui se constitue partie civile pour le fils de Domizzio, a demandé la diffusion à l'audience de l'émission "Devoirs d'Enquête" de la RTBF à propos de la biologie totale. Selon l'avocat, on y voit en caméra cachée Didier F. poser un diagnostic et établir un protocole de soins à une patiente prétendument atteinte du cancer.

Pour le parquet, il n'est pas question d'utiliser ce reportage qui n'est pas une preuve scientifique. Selon la substitute Marr, l'audition d'un expert sur la biologie totale serait, dit-elle, plus judicieuse. Me Mathieu, qui défend Didier F., refuse logiquement que cette émission soit diffusée, d'autant que son client n'a pas voulu y participer, et donc, se défendre. Sans parler du titre, "Thérapie mortelle", qui a lui seul est un élément à charge. Bref, le tribunal prendra sa décision sur ce point le 22 novembre prochain.