Charleroi

Jérémy avait une version des faits très différente.

"C’était moi qui étais la cible de menaces, pas l’inverse", explique Jérémy. "Ils s’avançaient vers moi avec un extincteur et un démonte-pneu en main." Dès son arrivée à la barre, le jeune homme est intarissable. Il tient à tout prix à donner sa version des faits. Accusé d’avoir menacé son ex-compagne et d’avoir fait feu avec un pistolet de flash ball à Anderlues le 28 juin 2018, il était invité à se défendre au tribunal correctionnel de Charleroi ce jeudi.

Une plainte avait été déposée par Ariane, son ex-compagne. Dans sa déposition, elle avait expliqué que Jérémy était arrivé en voiture vers elle et un groupe d’amis. Il avait ensuite tiré dans sa direction avec un pistolet de détresse en proférant des menaces. Elle avait également dit aux policiers que l’arme lui avait semblé réelle sur le moment et qu’elle avait véritablement craint pour sa vie. Son compagnon et deux amis, présents au moment de l’action, avaient donné la même version à la police.

Lors de l’audience, Jérémy n’en revient pas ce que qu’il entend. Dans sa version, qu’il détaille avec véhémence, c’est lui qui était la cible de violences. "Deux connaissances d’Ariane sont arrivés vers moi en voiture et m’ont bloqué la route. Ils sont ensuite sortis, l’un avec un extincteur et l’autre avec un démonte-pneu en main. Comme ils s’approchaient de moi, j’ai pris mon flash ball et j’ai tiré vers eux. Ils ont immédiatement pris la fuite après ça."

Une version des faits qui laisse dubitatif David Dufrasnes qui représente le ministère public dans cette affaire. Il en tient pour preuve les versions parfaitement concordantes des 4 autres protagonistes qui décrivent tous la même scène. Mais ces déclarations identiques paraissent un peu trop belles pour l’avocat de la défense, qui y voit là un stratagème pour se disculper. Défendant la thèse de son client, il demande une suspension simple de prononcé.

Ce sera à la sixième chambre correctionnelle de Charleroi de décider d’accorder du crédit plutôt à l’une ou à l’autre des versions. Jugement le 7 février.