Coulibaly aurait financé l’attentat à Paris en leur vendant une voiture.

Janvier 2015, la ville de Paris est secouée par une série d’attentat à Charlie Hebdo et dans un Hyper Casher. L’un des terroristes, Amedy Coulibaly, est abattu par le RAID lors de la prise d’otage de l’Hyper Casher. Lors de l’enquête, le nom de Charleroi ressort. Ce serait, en effet, à des carolos que Coulibaly aurait vendu sa voiture pour financer son attentat.

En décembre 2014, Coulibaly est en contact avec Metin Karasular, un trafiquant de Marchienne. Il a pour projet de lui revendre discrètement la voiture que son épouse vient d’acquérir. Il s’agit là d’un stratagème éculé : le véhicule est acheté à crédit puis immédiatement revendu pour obtenir du liquide. Coulibaly compte ainsi financer ses activités terroristes.

Les deux hommes finissent par se mettre d’accord et Coulibaly revend pour 12 000 € une voiture qui en vaut 27 000 €. Le véhicule est ensuite exporté incognito en Grèce. À la suite des attentats, Karasular se rend compte que l’affaire était trop belle pour être vraie et qu’il est potentiellement mouillé dans une affaire de terrorisme. Extradé en France, il attend d’y être jugé.

Reste alors le cas de la filière carolo qui a permis la transaction. Trois personnes sont inculpées pour fausse facture et abus de confiance. Le principal prévenu, Epaminondas, était absent lors du procès. C’est lui qui aurait mis en place ce trafic plus ou moins légal de voiture entre la Grèce et Charleroi.

Son neveu, Anastasios, est également inculpé mais nie en bloc avoir participé à une transaction illégale. Pour lui, comme pour son avocat, Me Mayence, il a juste aidé son oncle a réalisé une bonne affaire. Il a d’ailleurs coupé tout contact avec Epaminondas depuis. Le troisième prévenu, Segkin, est quant à lui stupéfait de se retrouver au tribunal. "J’ai simplement servi de chauffeur entre Paris et Charleroi. C’est à peine si j’ai été payé pour le faire." Pour Me Turk, son client ignorait tout de la combine derrière cette transaction et soutient par conséquent qu’il n’y a pas eu d’abus de confiance.

Les avocats de la défense ont plaidé pour un acquittement de leur client respectif alors que le parquet fédéral avait requis contre eux 6 mois d’emprisonnement. Le tribunal rendra son jugement le 10 avril.